4 ans après… Ça y ressemblerait presque…

Après avoir fait les 2 premières éditions (2011, 2012), j’ai inscrit l’UTCO cette année, en prépa Diagonale des Fous. Mouais… surtout en prépa « je fais du long ». Même si les quelques combes pourraient donner le ton de ce qui peut m’attendre en Octobre. L’édition 2012 restera pour moi un excellent souvenir avec une 18° place inattendue (j’avais pris connaissance de ma position dans les 10 derniers kilomètres), alors en prépa Montagn’Hard 100. Une chaleur écrasante avait eu raison du courage de nombreux coureurs qui n’ont pu passer les BH. Je ne pourrai donc m’empêcher de faire le parallèle avec 2012, en foulant à nouveau ces chouettes sentiers des Hautes Côtes de Beaune, de Nuits (mais plutôt de jour), de Gevrey, et de Marsannay. Région de mon enfance.

La veille de la course, je n’oublie pas de soigner mon alimentation lors d’un resto avec Christian et Franck, sans oublier une excellente double ambrée !

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La nuit suivante est quasi inexistante. Des bus au départ de Marsannay nous emmènent à Chagny, où le départ de la course a lieu à 3h (1h plus tôt qu’en 2012). Départ des bus : 1h !

Autant dire que le lever à 23h30, après s’être couché à 22h30, est plutôt brutal… La petite salle, qui accueille les concurrents que nous sommes, est déjà remplie lorsque nous descendons du bus, après 1h de trajet à essayer de somnoler un peu. Curieux, çà n’a pas trop bavardé sur le trajet.

Le briefing de l’organisateur est clair : « vous aurez de la pluie », « un orage de grêle est annoncé sur Marsannay en fin d’après-midi », « nous serons donc intransigeants sur les BH », … Heureusement que je connais le parcours sinon çà pourrait presque faire peur 😉 Je cale d’ailleurs mes temps de passage sur ceux d’il y a 4 ans. On verra bien ce que çà donne. Il est annoncé 100km au lieu de 105. En me basant sur 2012, je me fixe un objectif de 14h, ce serait bien cool ! Et c’est parti dans la nuit et dans les rues tranquilles de Chagny. Pour l’échauffement, on voit çà maintenant.

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Chagny >>> Pommard (km25)

Ça commence mal, se réveille au bout de 500m une petite douleur au pied gauche dû probablement au serrage de mes chaussures (depuis le Trail des Forts, j’essaie plusieurs options… Bon… passons). J’attends un peu avant de me dire de desserrer, surtout que je suis dans un bon groupe, plutôt en tête de course (enfin, hormis les plus rapides bien sûr). Dans ma bulle, je suis le rythme du groupe à travers les premières vignes jusqu’au moment où, en tête, çà stoppe ! Mince, on vient de jardiner ! Demi-tour, on vient de louper une bifurcation ! C’est le 2° effet kiss cool. Le temps de revenir sur le bon chemin, le gros du peloton vient de passer juste avant. Dommage ! Pour une fois que j’avais pris le bon wagon ! Et que dire des chaussures ? Elles pèsent alors 1 tonne chacune avec cette boue des vignes bien collante… En attendant, la douleur au pied gauche a disparu. C’est toujours çà. La pluie attendue dans la journée s’invite finalement plus tôt que prévu, fine, alors qu’il fait encore nuit. Mais il ne fait pas froid, je reste donc en tee-shirt. Cette pluie ne s’est pas arrêtée quand j’atteins Pommard, en 2h45 de course [2012 : 2h30]

Pommard >>> Savigny (km32)

Le froid me saisissant un peu, la veste imperméable est la bienvenue, tant pis pour la côte qui suit et qui donne chaud…. Mais elle est nécessaire, la pluie n’étant pas décidée à vouloir s’arrêter. Nous ne sommes pas nombreux, 2 ou 3 personnes à vue maxi. Un coucou aux bénévoles du ravito eau, à l’abri sous un arrêt de bus (ou à l’arrêt sous un abri-bus…). Déjà 3h50 de course, 1/2h de retard sur 2012. A priori je devrais me rattraper sur la prochaine portion, plus roulante. [2012 : 3h20]

Savigny >>> Changey (km47)

La moyenne reste constante, autour de 9km/h. Ici, on peut dire que c’est « roulane ». Avec de grands moments de solitude, comme en 2012. On se trouve vite espacé, ne sachant plus vraiment comment on se positionne parmi les concurrents. La pluie cesse enfin. Mais je garde la veste. Des traversées de forêts, de champs, et hop arrive Changey, en bas. Mais son ravito est… en haut d’une jolie bosse ! Ici je prends le temps de bien me ravitailler. Après c’est Morey seulement. La chaleur commençant à arriver, je fais tomber la veste : si la grêle est annoncée le soir, c’est qu’il risque de faire lourd. J’en suis à 5h15 de course. Le retard se rattrape. C’est bien. [2012 : 5h05]

Changey >>> Meuilley (km62)

Cette portion alterne bois, un peu de route, quelques sentiers. Mais surtout elle parait longue. Et je suis souvent seul. Au vu de mes temps de passage comparés à 2012, je suppose être pour l’instant dans le 1° tiers de la course. Je ne fais pratiquement que courir, histoire de stabiliser la moyenne. Ca veut dire aussi que les jambes vont bien. La solitude est rompue à l’approche d’une route, en croisant des bénévoles, puis un photographe (il s’avère que c’est l’organisateur, je le saurai plus tard en voulant récupérer les photos). Allez, 60 bornes dans les pattes ne m’empêchent pas de faire le couillon…

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Arrive enfin le ravito eau de Meuilley, au bout de 7h30 de course. Un peu de papotage avec les sympathiques bénévoles, çà fait du bien quand même… Quand on est seul pendant de longs moments sur le parcours. [2012 : 7h20]

Meuilley >>> Morey (km82)

Le départ de Meuilley se fait par 3 km dans les champs, en quasi ligne droite, à découvert. Il faut donc imaginer ce cheminement il y a 4 ans sous une chaleur accablante. Et ce qui suit est encore plus fun : une montée sèche dans le village de l’Etang Vergy. Je retrouve mes 2 tables d’orientation de 2012, mais pas de photos : je file vers le plateau d’en face. Là je retrouve une longue ligne droite où, il y a 4 ans, un débalisage sauvage avait eu lieu. Méfiant, je cherche le moment où l’on tourne à gauche vers Corboin. Ne voyant pas de balise au loin, je continue… Mais décide de faire demi-tour, persuadé d’avoir fait fausse route. Je retrouve 500m en arrière la dernière balise mais pas de virage à gauche : il me faut donc continuer tout droit… Et faire donc presque 1km de trop ! Plus loin, une rubalise… Par terre donc non visible de loin. Je me suis inquiété pour rien… Et perdu du temps ! Ce ne sera que le 2° jardinage de la journée…Grrrrrrr… Après le léger ravito eau de Corboin, arrive la série de combes pour bien finir la journée. 3 avant Morey, 3 avant Couchey, puis 1 ou 2 (si la fin est identique). Il suffit de faire par étape, en comptant seulement jusqu’à 3 !

Le fameux Laminoir (un mur d’escalade) arrive à la 2° combe. Je croyais que c’était à la 1° qui sert en fait à s’échauffer… Pour le faire une 3° fois, j’avoue que celle-ci est la plus dure : la pierre est mouillée, çà glisse, les levés de genoux sont difficiles. Il faut avancer en assurant ses prises. Mais çà passe. A présent, je chemine avec une féminine d’un relais qui m’a rattrapé. Nous filons vers le ravito de Morey, atteint au bout de 10h15 de course. Je suis à présent en avance sur mes temps 2012. Comme il y a 4 ans, la pause est ici plus longue. D’une part parce qu’il s’agit de récupérer avant d’enchainer la suite des combes, d’autre part car ici les bénévoles sont particulièrement sympathiques et aux petits soins. Je reste bien un petit quart d’heure (remake 2012). [2012 : 10h30]

Morey >>> Couchey (km93)

Allez, 3 autres combes avant la prochaine pause.

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Nous sommes à présent 3 du solo. Ca change de la solitude des heures précédentes. L’un a fait la Diag l’an dernier, du coup on en parle un peu. On marche même sur terrain plat, çà repose un peu. Je propose de courir quand même… Mais les jambes se font lourdes, je suis obligé de laisser s’échapper mes 2 compagnons. Chaque montée de combes devient très dure, il fait chaud et j’attends avec impatience le ravito eau de Couchey. Il arrive à la 3° combe, en haut. J’en suis à 12h55 de course. Toujours dans les temps de 2012. C’est ici qu’on m’avait alors annoncé 17° ! Un top 20 sur un ultra (non, non, il n’y avait pas 21 concurrents…) Et là ? 32° ! Pour la même heure de passage. Il y a donc du plus haut niveau ? [2012 : 13h, 17° place]

Couchey >>> Marsannay (km100)

Confirmation que le parcours est raccourci : il n’y aura qu’une seule combe, en descente pour rejoindre Marsannay, soit 6 km à faire. J’annonce par SMS mon arrivée probable : 14h comme prévu. Ca devrait rentrer. Ce ravito, et je l’avais oublié, est aussi le passage de toutes les autres courses. Dont le 10km, où j’assiste en direct au passage du premier. Il y a 4 ans, il me semble que j’avais vu passer le 2°. Doublé de partout par les autres concurrents, je me range régulièrement, cassant mon rythme mais aussi ma motivation à finir. Allez, il n’y a plus qu’à faire tourner les jambes !! La fin passe par un joli coup de cul puis passage par les vignes au dessus de Marsannay. Je vois la famille et mon petit dernier qui se propose de m’accompagner. Chaque UTCO a eu son arrivée en famille, il n’y pas de raison que cela change.

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Je passe l’arche avec mon fiston. Zut ! 28 secondes de trop sur mon objectif !!!!!!!!!!!

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L’UTCO est toujours une course que j’apprécie. Sur mes terres ou pas loin, avec une arrivée en famille, ce trail est un peu la course de cœur. Evidemment, je n’ai pas arrêté de penser à l’édition d’il y a 4 ans, et retrouver certains points caractéristiques. Mal entamée avec un mal de pied, un joli jardinage, cette édition aura été un peu du même tonneau côté forme qu’en 2012. La boue, la pluie fine pendant un tiers de la course, n’auront pas empêché de retrouver les temps de passage de ma dernière participation, après la mi-course. J’ai même tenu une meilleure moyenne qu’en 2012 : 7,5km/h contre 7 (même s’il y a 5 km de moins). C’est donc plutôt une satisfaction SourireJe pense que je reviendrai encore…

En passant, Madame a eu l’occasion de tester sa plus grand distance en trail avec le Trail des Vignes, 47km. Bravo miss Clin d'œil

Ce sera à peu près la distance de ce qui m’attend 3 semaines après avec le Trail du Mont d’Or à Métabief.

EN CHIFFRES

100 km, 3200m D+ // 172 partants // 97 arrivants // 32° place en 14h. Moyenne 7,5km/h.

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