Opération Ultra X Ultra Phase 1

Credit photos : Olivier Roualdes.

Je m’adresses à toi cher lecteur(rice). Oui, toi! Cela fait longtemps que tu lis mes histoires de ballade par monts et par vaux. Tu es donc au courant que j’aime les défis en matière d’ultra. Cette année l’alignement des planètes avec le dragon dans la maison du cancer a fait que les deux ultra de 100 bornes d’à coté de chez moi sont à une semaine d’intervalle. Cette coincidence était un appel du destin ou plutôt un appel au crime… Me souvenant d’avoir lu un article sur l’ami ultrafondu Claude qui avait enchaîné 4 ou 5 ultras consécutivement il y a quelques année, je me suis dit que ça pourrait être un beau défi et un test en matière de récupération. Bref! Tout cela pour dire que cette année j’ai décidé de faire l’Ultra Beaujolais Village Trail (UBVT : 102 km, 4500 mD+) et l’Ultra des Coursières du Haut du Lyonnais (UCHL : 103 km, 4200mD+) à une semaine d’intervalle, car quand on aime on ne compte pas. En plus, ce sont toutes les deux des courses qui empruntes des bout du BOL et donc une bonne façon de tester mon état de forme après les 24h de St Fons.

Tu le sais, je n’aime pas les plans compliqués, par contre quand j’en établi un, je m’y tiens. Le plan le voici:
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Pour enchaîner comme je prévois de le faire, il faut garder un maximum de fraîcheur. Ma seule référence sur ce genre de distance sont l’UCHL 2012 que j’avais bouclée en un peu plus de 15h en partant avec des relents de cognac suite à une dégustation imprévu la veille de la course. J’avais géré la course et accompagné Cyrion pour lui permettre de boucler son premier 100 bornes. Je tables donc sur 16h pour finir, en sachant que toutes les barrières horaires sont calculée pour une allure moyenne de 12min au km (5km/h). Le plan sera donc en deux étapes.

  1. Arriver à la base vie de Poule Echarmaux km 60 en 9h (soit 3h d’avance sur la BH, suffisant pour finir quelque soit l’état). Pour cela je tables sur une allure à 10 equivalent km/h. ce qui me fait passage à Romoran km16 en 2h30, Beaujeu km27 en 4h, Col de la Crie km40 en 6h et sommet du Mt St Rigaud km48 en 7h30.
  2. un finish à 6 km/h sans forcer. Soit Claveisolles à 14h30, La ferme du creux à 18h et arrivée à 20h.

Question météo si j’en crois météociel et suivant mon plan de marche, il doit commencer à pleuvoir au sommet du Mt St Rigaud et s’arrêter de pleuvoir après Claveissoles, le plus gros étant attendu pour le passage à Poule. L’occasion de mettre du sec (ça tombe bien). Possibilité de neige sur la fin, en tout cas température inférieure à 5°C. Je prévois donc une tenue plus chaude sur la fin. Après une soirée sacrifice, je me couche avec le soleil pour me réveiller à 1h30 (c’est dans mon cycle biologique). Départ de chez moi à 2h (il fait froid) à 3h je suis dans la salle et récupère mon dossard n°100 (c’est un signe)

Je me pose dans un coin pour faire un peu de jus. Je vois arriver l’ami Olivier. Il me dit qu’il a une course de ski jeudi et donc qu’il va y aller molo. Je lui dis que moi aussi et lui propose que nous fassions la course ensemble (nous sommes de niveau équivalent sur ultra). Il me demande à qu’elle heure je prévois arriver, je lui dit 20h, ça lui plait et accepte ma proposition. Peu de temps après arrive Benoist  et Nicolo du LUR. Nous serons bien représenter au LYON ULTRA RUN. Je vois également passer les anciens de la 180, Eric Bon et Jean-Michel Touron (sans mojito et sans chaussures 🙂 ). 3h55, il est temps d’y aller, nous sortons de la salle des fêtes, la température est correcte, pas de pluie pour le moment il va falloir en profiter…

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Le Pérreon // Poule Echarmaux – 58,5km, 2750mD+, 8h30.

Le départ se fait en trottinant sur le goudron. Dès les premiers mètres de la première montée, je me mets à marcher. Je laisse mon collègue partir devant. Pourquoi tant d’économie me diras-tu? Premièrement c’est ma façon de faire, je fait toujours mes ascensions en accélérant et non en ralentissant. Deuxièmement et surtout car je suis trop joueur et donc au lieu de faire une dernière sortie tranquille la dernière semaine, je me suis amusé à faire 4km à 4’15 au kilo et donc je pars avec les cuisses explosée, les fibres n’ayant toujours pas récupérées. Comble du bonheur, j’ai un douleur à un genou et un point à un mollet. Bref, je vais devoir négocier avec mes jambes alors autant ne pas trop leur en demander à froid. Je monte donc tranquillement, en veillant simplement à ne pas être essoufflé. Passé le sommet, je me mets à trottiner, les jambes tolèrent, tant mieux 🙂 Peu de temps après je rejoint et dépasse Benoist, je dois également dépasser Nicolo, mais je ne le vois pas. C’est joli, j’en profite encore une fois pour m’extasier devant le charme du beaujolais. Au levé du jour je passe au chateau de Cherves.

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Dans la montée vers les vignes, je récupère un gourde perdue par un coureur précédent, je la mets dans mon sac. Peu de temps après je rejoins l’ami Olivier et nous commençons notre collaboration. Je lui dis que je partit un peu plus vite que prévu, mais comme je n’ai pas forcé pour y arriver autant continuer comme cela. Passage au ravitaillement en 2h15. Nous continuons notre route en papotant. Ceux qui ont déjà couru avec moi connaisse la règle, on marche les montées et trottine les descentes. Tout en discutant nous faisons du chemin et arrivons à Beaujeu en 5h40. Cette fois-ci le planning est respecté. Nous prenons le temps de nous ravitailler car la montée à la croix de Rochefort est selon moi le juge de paix de cette course. Nous repartons donc tranquillement.

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La montée se fait à un rythme tranquille. A partir de mi-pente (300mD+) je passe devant pour imposer mon rythme, Olivier suit sans problème et nous dépassons plusieurs concurrents. Au sommet, nous en profitons pour faire une photo, j’en profite aussi pour prendre un gel, histoire de recomposer les réserves.

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Olivier retrouve un ancien collègue du SMON, ils font la conversations pendant quelque minutes. Tout se passe bien, il fait beau même si nous observons avec consternation les nuages s’amonceler au sommet du Mt St Rigaud. Nous arrivons au ravito du Col de la Crie en 5h45, toujours ce quart d’heure d’avance. Nous avons déjà plus de 2h d’avance sur la BH. Nous repartons tranquillement. J’apprécie particulièrement l’attaque de l’ascension avec cette jolie cascade.

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Pour moi, la montée sera dure tout comme mes jambes qui me signifie que je leur en demande beaucoup. Elles n’avaient rien dit pour la montée des trois communes, mais là je suis obligé de temporiser. Olivier m’attends, contraint et forcé. Malgré ce rythme sénatorial, nous arrivons au somment en 7h30, comme prévu et comme prévu, il commence à pleuvoir. Nous filons vers la roche d’Arjoux en sachant qu’après c’est roulant/descendant jusqu’à la BV. Je connais bien cet itinéraire bis des GR qui rejoins GR7 et GR73, car c’est une section cruciale du BOL nord. Je sers les dents et fait de mon mieux pour respecter le plan.

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Passée la Roche d’Arjoux nous engageons la descente. Au bout de 3km, je suis obligé de laisser Olivier filer. En effet, un de me releveur commence à protester. Je connais bien le problème et sait qu’il ne faut pas insister. J’alternes marche et course et rejoins Olivier qui s’est arrêté m’attendre au Col des Echarmaux. Nous gérons une allure à 8 min/km pour arriver au ravito.

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Une fois passé le ponton glissant, nous avons 1/2 pour nous changer et repartir. Les affaires de pluie vont servir cette fois-ci en attendant l’accalmie.

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Poule Echarmaux // Le Pérreon – 43,5km, 1800mD+, 7h50.

Certains au ravito désespère de la pluie et abandonne, mais pas nous. Guilleret autant que possible nous repartons avec un petit groupe de trois. La mission sur cette secteur est de ne pas perdre trop de temps, car  c’est un secteur roulant, il faut donc courir au maximum. Je laisse l’allure à Olivier qui gère bien. Nous faisons un petit jardinage histoire de passer le temps.  Nous nous retrouvons ainsi avec la troisième féminine qui nous accompagnera pendant un petit moment. C’est secteur est clairement le moins intéressant, pas mal de route et beaucoup de relances. Je maudis un peu Olivier de mener un si bon rythme, mais je sais intérieurement que c’est ce qu’il faut faire, alors je sers les dents et lui emboîte le pas. Malgré tout, nous mettons 1h45 à rejoindre le ravito, nous venons de perdre du temps pour la première fois et je sais alors que cela n’allait pas s’améliorer. Mes jambes sont en bois, un genou me fait mal… bref c’est de l’ultra. Je sais que le reste est plus dénivelé et donc me corresponds mieux.

En repartant du ravito, je dis à Olivier que je ne finirais pas en 16h et que s’il veut y aller, il le peut. Il me réponds que l’allure lui va bien et donc autant continuer ensemble. Nous repartons donc en mode rando. Mon coup d’œil sur le profil m’avais appris que le final vers la Mt Soubrant n’était pas piqué des vers. Nous y allons donc molo. Nous en sommes au stade de la course où nous courrons toujours avec les même coureurs. Chacun se soutien et gère se bobos. A 16h30 nous franchissons le sommet de la dernière vrai difficulté. Je ne me soucie plus de l’allure, je gère juste pour finir et il faut tenir malgré le tracé plutôt joueur.

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Nous sommes dans un groupe qui se forme et se sépare avec le même trio avec qui nous sommes reparti des Echarmaux, la troisième féminine soutenue par sa famille et un collègue qui souffre d’un TFL. Nous aurions pu alors commencer à nous ennuyer. Mais non, les organisateurs ont eu la bonne idée de prévoir le timing de la course afin que nous soyons dépassé par les autres formats du BVT. C’est super sympa, on nous encourage sans arrêt, nous essayons alors de faire bonne figure et trottinons autant que possible. Je croise aussi des anciens bénévoles de l’Ultra Boucle de la Sarra qui s’arrêtent dire bonjour. On est comme en famille. Nous abordons la descente vers le dernier ravito sous un franc soleil, nous avons chaud, Olivier enlève sa veste de pluie. Je conserve la mienne… Nous arrivons au ravito à 18h00. L’arrivée à 20h est compromise (il reste encore 14km)… Je table sur 21h et Olivier sur 20h30. Dans la descente qui suit, avec la foule qui nous dépasse, je perds très vite Olivier, qui finit par partir à son rythme, ce qui est préférable en fin d’ultra. De plus, les nuages grossissent au dessus de nos têtes.

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Je continue tranquillement. Le boulot est terminé, je n’ai plus qu’à rallier l’arrivée. Au fond d’une vallée je me fait récupérer par l’ami Pierre qui est sur le 30km. Nous discutons un peu puis je le laisse finir à son allure. A 8km de l’arrivée, je suis au pied de la dernière ascension et il se met à grêler.

Cet effet météo ne modifie pas mon allure, il rends juste le sol on peu  plus glissant, ce qui compliquera certains passage boueux dans la montée forestière. Une fois arrivée à ce que je croyais être le sommet, je me perds avec un petit groupe de rapides. J’apprendrais plus tard qu’Olivier à fait le même 🙂 Le jardinage est vite terminé. Quelle est longue cette fin. Mais rien je peux maintenant m’empêcher de finir. Alors je regarde le paysage et la route défiler sous mes pas. Juste avant Vaux (que je crois être l’arrivée) je suis rejoins par le trio des Echarmaux qui vont finir peu devant moi. C’est drôles comme les classements reste figé après un certain temps sur ultra… Un peu avant 21h, je passe la ligne (16h53 de course temps officiel).

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Je rejoins Olivier (qui a finit à 20h30) dans la salle des fête où la fanfare fait son tintamarre. Nous mangeons en observant les podiums. Nous retrouvons par la suite les collègues du LUR. Puis  je m’eclipse dans la nuit…

Une chose de faites… le plus beau est à venir.

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