Comment je suis devenu « finisher des finishers »…

2014, une 2° édition pour moi sous un temps pourri.

Le rajout de la montée/descente à la cabane d’Orny, plus les tentatives d’abandon – fort heureusement avortées – à la Fouly puis au col du Grand St Bernard me faisaient dire que je n’y reviendrai plus. Oui mais voilà, je ne pouvais pas laisser passer cette échéance de revoir ces superbes montagnes, en espérant le soleil et la montée de Catogne… juste pour voir.

Après 2013 et 2014, me revoilà donc à défier à nouveau ces 110km. Accompagné d’Arthur (Jeff), Nicolas, Anthony, Benoit, Damien et Céline.

Côté préparation, pas grand-chose. Une entorse soi-disant bénigne est venu contrarier mes plans il y a 2 mois.

Un Nivolet Revard annulé, un trail des Allobroges laborieux, suivi d’une sortie off entre amis en Chartreuse – pas rassurant à 100% pour la cheville convalescente, je me suis donc amusé à faire quelques sorties au Mont Thou, histoire de faire du D+ accessible au pied de chez moi.

Une superbe météo est annoncée. Ce sera donc comme en 2013 où je m’étais régalé, mais cette année avec les 2 sommets Catogne et Orny, va falloir gérer si je veux être en état de continuer sur un parcours que je connais bien à partir de la Fouly.

En tout cas, je prépare les yeux pour recevoir de la belle image de montagne !

A commencer par le trajet.

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De passage au pied du Géant de l’Europe

 

Mais les cuisses vont bien piquer aussi avec ce profil :

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Le départ étant à 1h (on peut choisir 1h ou 4h mais les barrières horaires restent les mêmes, seuls Sembrancher ouvre à 2h40 et l’Alpage de Catogne à 4h20), autant dire que le sommeil sera inexistant. Ce sera donc 2 nuits blanches au programme.

Avec Jeff, nos tentes respectives ne nous auront pas servi bien longtemps…

Toute la troupe se retrouve devant la ligne de départ. Le speaker essaie de ne pas trop élever la voix, comme s’il ne fallait pas réveiller Verbier à peine endormie.

Verbier 1h –> Sembrancher 2h45 // 11,9 km et 1h45 de course // Classement 224

En fait, l’X Alpine, c’est presque comme la SainteLyon ! Tu pars presque sur les coups de minuit. Mais il me semble que la ressemblance s’arrête là…

Sans oublier qu’avec une température de 19°C à 1h du matin (on est quand même à 1400m d’altitude), on s’est vite réchauffé.

Avec une petite montée, puis une grosse descente, la plus longue partie courable du parcours nous emmène vite au 1° ravito.

Nous restons ensemble Jeff, Nicolas, Benoit et Anthony.

Sembrancher 2h45 – Catogne 6h03 // 21,6 km et 5h03 de course // Classement 237

A l’assaut du mythique Catogne, supprimé l’an passé à cause des conditions météo !

La première partie se passe plutôt bien. Roulante, elle me permet de dépasser. Curieux. Ne faudrait-il pas mieux que je m’économise pour la suite ?

Car après l’alpage de Catogne, le terrain devient plus technique et c’est du coup une autre histoire.

Arriverais-je au sommet au moment du lever de soleil ? Raté… de 5 minutes…

A peine je l’aperçois dans la montée que je sors le phone pour le shooter

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A 5 minutes près, je l’avais au sommet

Une fois en haut, encore d’autres images

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Catogne 6h03 – Champex 7h47 // 25,9 km et 6h48 de course // Classement 250

La descente sur Champex devient vite éprouvante. Technique à souhait, elle met à rude épreuve une cheville droite toujours sensible. La prudence est de mise si je veux voir l’arche d’arrivée.

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Ah ! Il faut lever les genoux !

XA_Tidgi_11Ou se tenir à des chaines…

Les premiers, Arnaud Lejeune déjà en tête, nous dépassent déjà.

Et dire qu’ils sont partis 3 heures après nous ! De vrais chamois ! Impressionnants de facilité !

On doit arriver là :

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Champex et son lac

Nous nous retrouvons tous avec Arthur, Nicolas et Benoit. Anthony nous a lâchés devant.

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Le ravito de Champex 

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Champex 8h04 – Cabane d’Orny 11h33 // 33,7 km et 10h33 de course // Classement 223

A l’assaut d’un morceau où je ne fus pas à l’aise l’an dernier.

Je me rends compte cependant que ce n’était pas le parcours d’origine, celui-ci est bien plus terrible !

Après un début en sous-bois dans quelques singles techniques,

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Une belle cascade

nous voilà à crapahuter sur des tas de cailloux ! Des tas et des tas. Mais qu’est-ce qu’on peut bien rechercher en escaladant tous ces tas de cailloux !

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La montée vers le col de Breya

Ici non plus je ne suis pas à la fête. Heureusement nous ne sommes pas loin et toujours à vue entre nous 4.

A une pause, l’ami Nicolas, qui en a aussi marre que moi, songe à s’arrêter à la Fouly. J’espère le convaincre de continuer malgré tout !

Une fois en haut, c’est quand même autre chose que le brouillard de l’an dernier. Il y a bien un lac ici…

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Le lac

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Le glacier

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Vue depuis Orny

Et l’animal (je ne parle pas du bénévole…) n’a toujours pas bougé depuis l’an dernier 😉

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Cabane d’Orny 11h33– la Fouly 15h25 // 47,7 km et 14h25 de course // Classement 237

La descente est du même tonneau que la montée : tas de cailloux !

Par contre, je fais gaffe avec cette cheville droite, quelques légères douleurs par moment.

Jeff et Benoit sont partis devant. Nous suivons plus prudemment derrière avec Nicolas.

Profitons des paysages car il n’y a pas que des tas de cailloux.

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De magnifiques cascades ! Les premiers ont-il eu le temps de les voir ?

La chaleur arrivant, attention à bien boire, chose que je ne fais pas correctement…

La fin de la descente est interminable et là encore il faut lever les genoux

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Il a fallu descendre çà !

Arrivés à Saleinaz, je retrouve Jeff à l’ombre. La progression vers la Fouly étant longue, pourquoi ne pas souffler un peu ici. Bonne idée !

Nicolas nous rejoint, tandis que Benoit est parti devant.

Sur cette portion je me force à courir un peu (çà me manquait tiens !) pour retrouver Benoit au ravito de la Fouly.

Mes 2 autres compères arrivent non loin derrière moi.

Il fait chaud ici et il est important de faire une révision du bonhomme pour affronter la suite.

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Ici nous prenons le temps de souffler

Cette suite je la connais et c’est ce qui m’a aidé à repartir après mes problèmes digestifs de l’an dernier, étant alors à 2 doigts de bâcher. Même si sur les 2 éditions précédentes, j’avais plutôt galéré dans cette longue montée.

Côté bâchage, Nicolas reste sur sa décision et je n’insiste pas.

De 4, nous serons donc 3 à affronter la montée vers le col de Fenêtre et celui du Grand Saint Bernard.

La barrière horaire est déjà (!) à 17h. Je compte donc partir vers 16h.

La Fouly 16h09 – Col du Grand Saint Bernard 20h06 // 61,6 km et 19h07 de course // Classement 181

Enfin… surtout Benoit parti devant, et Jeff encore derrière.

Je me retrouve donc seul dans la montée. Pas de Jeff en vue derrière. Aurait-il renoncé ?

Je retrouve comme chaque année « mes moutons », mais pas forcément à la même place

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Benoit m’attend plus loin. Nous cheminons alors à 2, et toujours pas de Jeff…

Côté temps, la BH est à 21h au Grand Saint Bernard.

La connaissance du terrain me permet de faire des jalons afin d’encourager (rassurer ?) Benoit qui montre quelques signes de fatigue. Il ne pense pas que nous puissions atteindre dans les temps le prochain check-point.

Surtout que nous sommes stoppés à Ars-Dessus par des vaches qui ont dû mal à obéir à leurs patrons pour rentrer au bercail. « 5 minutes le temps de les rentrer ». Nous sommes alors un petit groupe à devoir patienter.

Le chemin serpente dans les alpages et nous pouvons voir la file des coureurs progressant vers le lac Fenêtre. Ce terrain me convient mieux à présent et je prends les devants pour emmener Benoit, que je sens hésiter à redescendre ( !). Allez !

Partagé entre le fait de le motiver et lutter contre la BH de 21h, je file devant (enfin… je veux dire « j’avance », on n’en est pas à filer…) en espérant qu’il me suive, même si c’est de loin.

Je l’attendrai à mi-chemin, au lac Fenêtre que j’estime à 18h30.

18h45 : me voilà au bord du lac. Le temps de prendre quelques photos…

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La passerelle toujours aussi épique

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Mais pas de Benoit, même en me retournant après avoir contourné le plan d’eau.

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Je décide donc de continuer seul, en espérant être à l’heure là-haut.

Le passage par le Col Fenêtre se fait dans quelques névés, mais rien à voir avec ce qui m’avait émerveillé il y a 2 ans.

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Je suis bippé à 19h21, proche de l’heure que j’estimais.

Je vois à présent sur une pancarte 1h pour rejoindre le Col du Grand St Bernard. « Ou moins parce que çà descend » me dit un bénévole en m’offrant un peu d’eau gazeuse (merci !).

C’est à partir de cette descente que mon genou gauche commence à piquer.

La cheville droite s’était faite oubliée (tant mieux), voilà maintenant autre chose que je ne connais pas. Ce n’est pas bien méchant mais un signal suffisamment présent pour demander au ravito l’avis d’un médecin. En espérant de pas être obligé de m’arrêter pour raisons médicales.

Arrivé sur place, c’est comme l’an dernier : petit ! Peu d’endroit pour se poser mais des bénévoles toujours aux petits soins. Le médecin sur place m’indique que ce serait une tendinite et qu’avec les descentes, ça ne va pas être simple (oui, je vois bien celle qui m’attend bientôt…). Par contre, il ne peut rien me donner, et il n’a pas de crème anti-inflammatoire.

Je verrai donc à Bourg Saint Pierre en fonction de l’état de mon genou. Dans mon sac d’allègement, j’avais prévu cette crème pour la cheville. Et je demanderai sur place car là-bas, ils sont plus « équipés » me dit-on.

Ne voyant pas la femme de Benoit, je me dis qu’il a dû faire demi-tour.

A voir le classement, et n’ayant pas doublé grand monde, je comprends qu’il y a eu beaucoup d’abandon à la Fouly. Les 2 premiers sommets ont vraiment fait mal !

Col du Grand Saint Bernard 20h26 – Bourg Saint Pierre 0h05 // 76,1 km et 23h05 de course // Classement 146

Après avoir contourné le lac,

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C’est à peine rassuré que je commence l’ascension du col des Chevaux 2750m, prélude à la loooongue descente vers Bourg Saint Pierre.

Je me souviens aussi de l’an dernier, ayant failli être arrêté pour hypothermie et devant mon salut à un vrai café offert par un concurrent qui avait abandonné, comme bon nombre ici à cause d’un temps exécrable (5°C) et vent froid.

Ce froid que j’arrive à peine à me défaire maintenant, malgré cette ascension.

 

Je suis à présent bien seul, il ne doit plus y avoir grand monde maintenant.

Le crépuscule arrivant sur le calme des lieux, ce bouquetin a choisi le bon moment pour se montrer… Pas loin devant moi mais je n’arrive pas à le shooter, il se sauve et se confond même avec les pierres… Dommage !

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J’ai essayé plusieurs fois mais avec la fatigue, je ne devais pas avoir les yeux en face des trous…

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Au col des Chevaux (c’est marqué à droite)

Arrivé au Col des Chevaux, le genou va donc être testé sur la descente.

Et en effet, je dois y aller prudemment si je ne veux pas aggraver mon cas… et tenir jusqu’à Bourg Saint Pierre.

L’an dernier le grand moment de solitude a été la montée vers la cabane de Mille (ce sera plus loin) dans le brouillard, la boue, la nuit.

Cette année, c’est dans ce fond de combe au pied du col des Chevaux, où – avec un genou fébrile et une cheville sensible – je chemine sur des tas de cailloux ( !) ou des petits ruisseaux à la nuit tombée… Et c’est interminable…

Il me tarde d’arriver au prochain check point.

Le fait du moment : la nuit tombée, le balisage se repère de loin. Tout comme les yeux de quelques vaches perturbés par ces bipèdes passant sur leur territoire.

Et celles-ci ne me paraissent pas commode : elles sont sur le sentier, et me donne l’impression de vouloir m’encorner. Petit moment de flip !!

Je cherche alors à éviter le troupeau et commence à partir dans les pâturages, les bosquets, totalement en live (bonjour le genou à ce moment-là, mais il ne râle pas !). Pensant retrouver le sentier plus loin.

Mais la topographie des lieux, qui plus est en pleine nuit, n’aide pas à me repérer. A nouveau coup de stress.

Fort heureusement, je vois la frontale de mon poursuivant (Hugh de son prénom – ben oui c’est marqué sur le dossard) qui visiblement a su parler aux vaches et est resté sur le sentier. Encore un peu de crapahutage et j’arrive à le rejoindre et de fait retrouver le sentier. Nous cheminerons ensemble sur cette longue portion.

Dans la tête çà gamberge, j’aimerais bien avoir le temps de me restaurer (j’attends ces fameuses pates), me changer. Alors j’accélère le rythme là où c’est roulant, le genou tient bien tant qu’il ne faut pas plier la jambe, lâchant un peu mon compagnon de route…

Enfin Bourg Saint Pierre ! Où contrairement aux autres années, je n’ai pas 1h pour me poser mais seulement 1/2h.

Alors il va falloir être efficace. Bref, tout faire en même temps 😉

Et je n’oublie pas le café (1 double !) pour tenir la nuit. Ce sera le premier depuis Champex.

Par contre, pas le temps de voir un médecin. Je pense pouvoir continuer ainsi (inconscience ?…)

Je repars restauré moins de 10 minutes avant la fermeture.

Bourg Saint Pierre 0h37 – Cabane de Mille 3h58 // 87,5 km et 26h58 de course // Classement 126

Cette montée au col de Mille reste un long moment de solitude.

Ce n’est pas compliqué en soi mais çà reste long, long, avec des détours et des détours. Un peu comme lorsqu’on croit être arrivé au sommet, et que l’on découvre que ce n’est pas fini…

En tout cas, il faut bien penser à débrancher le cerveau, musique dans les oreilles et vigilance sur la barrière horaire… que je crois à 4h15.

Comme il y a 2 ans, le ballet des frontales est magique, bien que nous ne soyons pas très nombreux. Et il faut bien garder un peu de mental quand, en levant la tête, on aperçoit le chemin qui reste à parcourir…

Même la cabane se dévoile au détour d’un virage, juste avant de réaliser que le chemin est encore long.

Et c’est précisément là que je me prends un coup de stress. BH, quand je te cours après ! Et c’est précisément ce que je fais, oubliant de fait la douleur au genou. Si je peux arriver à 4h pour avoir le temps de me poser un peu avant 4h15.

Arrivé enfin à la cabane vers 4h, on m’annonce que le barrière est en fait à 4h45. Et celle de Lourtier à 8h (je pensais 7h).

Cool ! Je vais pouvoir récupérer de cet effort incongru 😉

Sous la tente, quelques concurrents bien fatigués. Pour ma part, le café fait son effet et le fait d’avoir couru m’a réveillé.

Moments de causette avec 2 sympathiques retraités bénévoles : on parle de Lyon, de la course…

Je ne tiens pas trop à me refroidir (bien que cette tente est bien chauffée, merci). Je sais que la descente vers Lourtier est probablement la plus dure du parcours, surtout avec un demi-genou en moins. Je sais que je devrais mettre plus de temps mais reste rassuré quant à arriver dans les temps. Surtout que la dernière partie est plus roulante, impeccable pour la jambe que j’ai du mal à plier par moment.

Un remerciement à ces sympathiques bénévoles et je repars dans la descente.

L’aurore commence à pointer son nez au dessus du Chable et Verbier.

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Vue depuis la descente de Mille à Lourtier

Cabane de Mille 3h58 – Lourtier 7h10 // 98,1 km et 30h10 de course // Classement 125

Cette descente est terrible : 1480m de D- à avaler !

Pour un descendeur c’est une aubaine, pour mon genou c’est une autre histoire. Et là il faut serrer les dents par moment, tout en espérant que çà tienne jusqu’au bout, avec des arrêts fréquents pour masser la zone enflammée.

Surveillant l’altitude depuis ma montre, je me rassure en retrouvant la route qui progressivement me conduit à Lourtier.

En face, le soleil s’est levé et illumine La Chaux, où je serai dans quelques heures. C’est donc raté pour le lever de soleil… Je ne doublerai pas avec Catogne la veille…

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Lever de soleil sur la Chaux

L’arrivée à Lourtier a changé : une longue portion de bitume oblige à patienter tout en faisant le tour de la ville. Curieux.

Presque 1 heure d’avance sur la BH, et la grosse descente de passée, enfin je vais pouvoir souffler.

Nous ne sommes plus très nombreux et j’entends en repartant qu’un seul concurrent est encore attendu. Ca sent le fond de classement. Voire même la dernière place : et pourquoi pas ?

Je demande le pourcentage d’abandons : 65% ! Ah oui ! Cette édition a bien fait mal…

Lourtier 7h29 – la Chaux 10h19 // 105,3 km et 33h20 de course // Classement 123

Comme l’an dernier, j’arrive au pied de cette dernière bosse sans aucune appréhension. Je l’aime bien celle-ci, régulière. A priori le genou tient mieux en montée qu’en descente.

Oui mais voilà, la forte pente oblige à plus plier la jambe et la gêne s’en ressent. Et bien c’est l’autre jambe qui va devoir plus bosser !

Au 2 tiers de la montée, je croise un promeneur (ou un bénévole ?) bien au courant de la course… Et voilà qu’il m’appelle « terminator ».

La Chaux est atteinte en moins de 3 heures, finalement très peu d’écart avec les années précédentes, le handicap en plus.

Un seul autre concurrent est attendu, il n’est pas loin derrière moi.

Tiens, c’est Hugh ! Mon compagnon de route avant Bourg Saint Pierre, celui qui sait parler aux vaches nocturnes 😉 Et c’est l’occasion de faire plus ample connaissance. Lui est parti à 4h, je ferme donc officiellement le classement.

Fermer la marche, ce sera la tâche des 2 sympathiques bénévoles qui vont m’accompagner dans la descente, et débaliser, ainsi la dernière portion du parcours.

La Chaux 10h37 – Verbier 12h03 // 111,4 km et 35h03 de course // Classement 123

Je profite de la magnifique vue pour prendre quelques clichés reprenant certains points de passage.

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Puis nous entamons la descente. Allez le genou, plus que 800m de D- et le calvaire sera terminé.

Sympa d’avoir de la compagnie avec mes joyeux débaliseurs. De quoi se taper la discute de temps en temps.

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Avec mes 2 débaliseurs préférés

Etant le dernier, je sens une arrivée sur Verbier chargée d’émotion. Pile au moment des podiums si le calcul est bon.

Et çà n’a pas manqué…

Applaudissements, félicitations dans les rues. Merci !

Benoit venant à ma rencontre, Jeff, Anthony, Damien et Céline au niveau de l’arche d’arrivée.

Merci les amis !

Je franchi l’arche au moment du podium des courses enfants.

Félicité par Mathieu Girard, de l’organisation. Merci pour l’accueil !

Avec la traditionnelle photo du finisher (j’entend même finisher des finishers, je retiens !)

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Un accueil encore plus fort, lorsque, à peine arrivé, on me demande de monter sur l’estrade avec le brillant vainqueur de cette édition 2015 : Arnaud Lejeune. Accompagné des enfants déjà sur leur podium.

Incroyable ! Un souvenir qui restera gravé. Un peu abasourdi par l’animation, je n’ai réalisé que plus tard ce qui vient de m’arriver.

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Etre dernier et partager le podium avec le sympathique vainqueur de l’épreuve : merci à l’organisation !
Et bravo Arnaud Lejeune !
(photo TVSB) 

Puis je passe par la case tatouage :

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 (photo Damien)

Fortunes diverses pour mes amis…

Seul Anthony aura brillamment terminé 4 heures avant moi (bravo, t’es un costaud !).

XA_Tidgi_43(photo Damien)

Les autres se seront tous arrêtés à la Fouly (il y a aura eu 92 abandons au total, un vrai « mouroir »).

Dommage les amis, vous aurez votre revanche… Certains se sont même déjà réinscrits pour l’an prochain 😉

BILAN

3 participations, 3 arrivées. A chaque fois de plus en plus dures…

Edition 2013 : plus roulante, pas de Catogne, ni de Orny. Un temps magnifique, je me suis régalé à découvrir ces paysages du Valais.

Edition 2014 : Orny et Catogne au programme. Ce dernier étant supprimé du fait de la météo exécrable. Beaucoup souffert avec la montée/descente d’Orny. A plat à la Fouly. Début d’hypothermie au Grand Saint Bernard

Edition 2015 : météo magnifique. Catogne et Orny sont donc prévus. Tous deux trop techniques pour moi, peu de plaisir avec cette cheville, si ce n’est pour les yeux. La 2° partie après la Fouly, que je connais bien maintenant, est plus roulante et m’a aidé à me relancer… Juste avant cette tendinite au genou déclaré avant le Grand Saint Bernard, et qu’il a fallu gérer en luttant avec les barrières horaires… Ce genou gauche malade, je remercie la cheville droite d’avoir pris le relai malgré sa convalescence 😉

En tout cas, on ne sort pas indifférent ce cette épreuve. Elle me marquera et pour longtemps, que ce soit pour la beauté des paysages où pour l’exigence du parcours. « Routard bitumeux » que je suis, je m’étonne moi-même…

Enfin, je ne peux conclure sans oublier de saluer le foooooormidable travail de l’organisation, des bénévoles aux petits soins et toujours avec le sourire, des spectateurs avec toujours un petit mot.

Et la cerise sur le gateau, être accueilli comme un prince (appelé « finisher des finishers » – j’aime bien cette expression) à peine la ligne d’arrivée franchie, et monter sur le podium avec le vainqueur de l’épreuve, Arnaud Lejeune. Des moments qui resteront gravés. Merci encore à l’organisation, z’êtes géants !

Une première « dernière place » pour moi mais des « dernières places » comme çà, j’en redemande…

Bravo aux traileurs de Verbier, et longue vie à l’X Alpine…

Une vidéo de mon arrivée, by Damien

Une vidéo du partage du podium avec Arnaud Lejeune, by Damien

Trail Verbier Saint Bernard – La X Alpine 2015 en chiffres :

342 partants

123 arrivants

219 abandons (65% des partants) dont 92 à la Fouly

Place : 123 en 35h03

Moyenne horaire : 3,18 km/h (et la carapace, t’en fais quoi ?)

Météo estivale

6 sommets à plus de 2000m

½ genou perdu à mi-course 😉

Quasi debout depuis vendredi 6h à dimanche 23h, soit 65 heures à attendre un vrai sommeil…

Encore une vidéo des chemins, by Arthur…

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