Caramba !! Encore raté !!

Petit récit en acrostiche pour changer…

Lyon, 18h00. J’ai déposé mes pinceaux et rangé mon escabeau il y a à peine 30mn, le temps de terminer de préparer mes affaires et faire un brin de toilette. Je décolle enfin de chez moi pour retrouver les copains de Kikourou à Firminy. C’est qu’il y a course ce soir. Une sorte de Saintélyon en plus roots, mode avant 2000, un temps que les moins de 20 ans… 50mn plus tard, j’arrive dans ce curieux quartier de Firminy vert imaginé et construit par l’architecte Le Corbusier. Un curieux mélange de béton et… de béton. C’est moche, ça a mal vieilli et je trouve ça très triste quand ce « grand » homme se voulait l’architecte du renouveau urbain. Bref, on a vu mieux en la matière, c’est sûr ! Je pousse la porte du gymnase et aperçois…

Etienne qui est arrivé après moult péripéties. Je vous laisse le soin de vous rendre sur son profil afin d’y lire son propre CR. Une petite merveille de fausse improvisation. Retrouvailles avec Snail69 et présentation d’un petit nouveau, philippe59. C’est rigolo, nous aurions pu être voisin de berceau ! Il est en effet né dans la même clinique que moi, la même année. Mais il est quand même nettement plus vieux que moi (11 mois) ! Les similitudes ne manquent pas puisqu’il a passé son enfance à Monistrol sur Loire alors que moi j’allais au collège à Aurec / Loire (j’y reviendrai sur ce fichu bled d’ailleurs !). Départ pour le restau, un curieux mélange de sympathie, d’ailleurs land aussi. Le patron ressemble plus à un peintre en bâtiment qui n’a pas termié son job et les 2 clients qui viendront grandir la foule incommensurable de ce bouis-bouis me laissent à penser qu’ils ont entamé l’apéro bien avant d’arriver et qu’ils pensaient aller dans une boîte non conventionnelle plutôt qu’au restau. Nous nous quittons sur des propositions de bouche à bouche, de champagne et de réanimation. Pas tout compris, nous avons dû franchir une faille spatio temporelle ! Nous remontons au gymnase pour retrouver Bubulle que je n’ai pas vu depuis l’ecotrail 2013. Trajet jusqu’au Puy en navette, habillage et l’heure fatidique approche ; Tic tac, tic tac…

Pan ! C’est parti ! Le ruban de frontales s’étire dans la nuit. Un Jean-Mi Touron me passe comme une fusée. Incroyable Jean-Mi toujours aussi fringuant et souriant ! Il semble en forme le bougre ! Je peine, quant à moi, à me mettre en train. Je chemine aux côtés des 2 Etienne (psyko et ejouvin). Je sens bien que ça n’est pas la forme des grands jours et qu’il va me falloir faire preuve de patience pour trouver le bon rythme. Néanmoins, pas de souffrance particulière. Nous sommes partis avec le road book de Bubulle qui prévoit un passage aux stands 59mn plus tard soit 11 km/h environ. Preuve est faite de son extrême précision en la matière, 59mn plus tard nous sommes rendus sur place. Je prends 2 ou 3 carreaux de chocolat, Etienne, qui n’a pas assez mangé récupère un pain au chocolat ! Hallucinant les ravitos sur cette course, ça change furieusement de mes habitudes ! Ca me rappelle les 1ères courses d’antan.

LPF2014-0

Une poignée de kilomètres plus loin, notre trio a explosé. Psyko qui semble un peu à la peine a décroché, Etienne, lui est parti, me déposant proprement dans une montée, je ne le reverrai qu’une fois la ligne d’arrivée franchie. Nous sommes au 20° km, nous arrivons en haut d’une côte assez terrible dans laquelle j’ai laissé des plumes. J’ai préféré gérer mon cardio. Tout en haut s’…

Y trouve le ravitaillement. Tiens des gels ! Je n’en ai presque pas, je me sers avec la bénédiction du bénévole qui me servira une bière quelques heures plus tard. Pas à dire, ces bénévoles, il faut tout de même en parler : petite équipe, dévouée corps et âmes aux coureurs et marcheurs, avec le sourire malgré l’heure tardive. Ca fait chaud au cœur ! Je reprends mon périple en direction de Beaux. Il fait nuit noire, peu de balisage mais c’est suffisant pour ne pas se perdre (pour le moment !). Le ruban de coureurs est désormais très étiré. J’ai vraiment l’impression de faire ma sortie seul, dans le noir. Quel contraste avec les courses de masse que j’ai pu faire ces derniers temps ! Curieusement, je me sens à l’aise dans cet environnement. J’apprécie le ruban bitumineux qui m’est agréable, les quelques sentiers ressemblent à ceux des monts du lyonnais, praticables et roulants, pas de pentes trop marquées. Des conditions qui me sont favorables. Je rate le ravitaillement de Beaux. 1° alerte. En fait, un bénévole qui me voyait chercher m’indique la route à prendre pensant que j’étais déjà passé dans le gymnase. Pas grave, il me reste de quoi faire jusqu’à Confolent.

Fin de la 1° partie de course, je suis bien. J’arrive à Confolent, KM 41. Je suis dans les temps de – de 6h45. Ca ne va pas durer, je le sais car j’ai un ischio qui me fait un peu souffrir et l’adducteur qui se rappelle à mon bon souvenir. Plein d’eau vite fait, une petite pensée pour Gilles et son rouge limé et c’est reparti direction Monistrol.

Il commence à faire un peu plus froid désormais. Ou tout du moins plus humide. L’arrivée à Monistrol/Loire sonne un peu comme une délivrance. Une délicieuse odeur de croissants et pain chaud flotte jusqu’à mes narines. Je guette fébrilement la flèche qu’il ne faut surtout pas suivre, dixit Bubulle. Tout va bien, je l’évite et me retrouve au ravito / point de contrôle. J’ai toujours de l’avance sur mon tableau de marche. Je m’arrête, prends un morceau de fromage et avale une bonne soupe chaude aux vermicelles. Quel pied ! J’en profite également pour regarder les classements. Pas de psyko et Etienne est passé il y a presque 30mn en 14° position. Il est parti pour faire une course superbe, c’est sûr. Je pointe pour ma part en 25° position. Pas mal pour un type qui n’a pas couru depuis 3 semaines ou presque et qui a passé son temps à remuer des tonnes de béton me dis-je !

Retour à la fraîcheur, toute relative pour un 23 novembre. Je me sens toujours bien malgré les douleurs qui commencent à poindre de plus en plus. Un peu normal après 50 kms ! Je sais que quoiqu’il arrive, je terminerai et que si cela se passe correctement, je serai très certainement en moins de 7h00. L’arrivée à la chapelle d’Aurec me conforte dans cette idée. Sauf accident, les – de 7h00 sont gagnés !

Mais voilà, il y a toujours un mais cette année en course à pied ! Arrivé au village de Ouillas en direction des gorges de la Semène, je ne vois pas de balisage. Je descends une route qui n’en termine pas un peu comme plus tôt dans la nuit avant le ravitaillement de Beaux. Pas de frontale devant moi mais une derrière. Je me dis que je suis donc bien sur le bon chemin. Km 61 et toujours pas de gorges, je commence à trouver ça très louche. C’est à ce moment là que le coureur derrière moi m’interpelle.

Il arrive à ma hauteur et me demande si je suis bien certain du chemin. Je lui réponds que non. « Catastrophe », nous nous sommes bel et bien égarés ! Le coureur râle et peste qu’il n’aurait jamais dû me suivre, que cela fait 3 fois qu’il vient sur cette course et qu’il se perd ( !) et qu’il pensait que je connaissais la route. Je commets alors une erreur irréparable : Je continue ma route au lieu de remonter, persuadé que je déboucherai bien quelque part. Oui , nous arrivons bien quelque part mais pas vraiment là où je l’espérais. En réalité, nous sommes à Aurec / Loire, lieu de mon ancien collège et surtout bien, bien loin des gorges et du dernier ravitaillement Lafayette ! Adieu veaux, vaches, cochons et crêpes, il va falloir rentrer !

Non !!!! ca n’est pas possible ! Nous avons quasiment fait marche arrière. Il me faut rentrer sur Firminy qui se trouve désormais à 11 kms, pour pouvoir terminer au moins la course. S’ensuivent d’interminables longues droites en bordure de nationale avec 1 gel et plus d’eau du tout. En fait, l’on pourrait dire qu’il ne me reste plus que les…

Yeux pour pleurer tant cela semble pathétique. Je suis désormais sorti de la course et alterne les périodes de marche et de course. L’essentiel étant de me retrouver au stade le plus rapidement possible. Les –de 7h00 sont fichus et même les 8h00 deviennent difficiles à ce train là mais je m’en fiche un peu. Je suis en colère après moi pour mon manque de vigilance. Je passe la porte sous les applaudissements, retrouve Etienne et Bubulle tout étonnés. Je leur montre mon GPS : 75 kms au lieu de 67. Difficile de faire mieux comme « jardinage » !

J’en ris aujourd’hui mais sur le moment…

2 bières et une douche plus tard, nous mangeons tranquillement avec Etienne, nous repartirons un peu après, non sans avoir félicité Snail et Jean-Mi Touron pour leur arrivée quasi commune.

Avec le recul, j’ai passé un super moment sur cette course, heureux de retrouver ce genre d’ambiance qui m’a finalement bien manquée ces dernières années. La preuve ? On envisage désormais d’en faire un A/R sur le modèle de la 180. Si ça n’est pas du masochisme cela !

2014 s’achève ici en tant que saison de course à pied. Celle-ci n’aura pas été fameuse, c’est vrai. Aucune perf, pas d’exploit, rien ; mais de belles rencontres, de beaux accompagnements que ce soit au LUT ou au marathon, une prestation de serre fil(l)e, mon entrée au LUR. Tout ceci me dit que la compétition n’est pas le tout. C’est une composante d’un ensemble que l’on nomme plaisir, ce plaisir se démultipliant à l’infini dés lors que l’on y trouve un intérêt particulier.

Jean-Phi. 🙂

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