Ultra boucle de la Sarra 2014 : des 2 côtés du ravito!

Après avoir participé à l’édition originelle de l’an dernier, j’avais le grand plaisir d’être doublement de retour cette année : en tant qu’organisateur et coureur ! Car lorsque je m’étais inscrit pour la courir (le premier d’ailleurs), je ne me doutais pas que quelques mois plus tard je rejoindrais la joyeuse troupe de doux-dingues du Lyon Ultra Run, l’association qui organise cette UBS. Prenant le train en marche (à peine 1 mois avant le jour J), j’ai ainsi pu constater la difficulté d’organiser une telle épreuve par une bande de copains n’ayant pas beaucoup de moyens. Mais avec des idées, du talent et de la volonté on fait de sacrées belles choses ! Et mes compagnons n’en manquent pas.  😉

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Valentin des Brigades du tigre et son fan-club (source: Le Progrès)

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Gérard, au four et à la cloche 😀  (Source: Le Progrès)

Etant inscrit depuis bien longtemps et l’UBS faisant partie de mon plan d’entraînement pour les grosses échéances de l’été, je décide (avec l’accord du boss) de doubler les 2 exercices. Je serai donc le seul du LUR courant en solo, ce qui m’assure la victoire dans cette catégorie. Mon seul objectif pour la course restera donc celui d’origine : faire une grosse sortie avec du déniv, tout en passant en très bon moment avec plein de potes. Je me fixe au moins 40 bornes, soit environ 2000m en D+ en une vingtaine de tours. L’an dernier j’en avais fait 22. Je joue donc petits mollets, et ce pour plusieurs raisons :
– les semaines précédentes ont été chargées en kms avec plus de 100 bornes de moyenne ; avec des séances de seuil, de fartlek les mardi et mercredi précédents, et une autre sortie la veille…
– diététiquement ma prépa est digne d’un certain Benoît T. Régime de crackers, chips, bière, rosé la veille et sandwich saucisson, bière comme repas d’avant course…
– le montage du matos à partir de 9h30 du matin et la station debout allant avec ne sont pas forcément compatibles avec le menu qui m’attend entre 17h et 23h.
En plus il fait bien chaud, histoire de finir de couper les guiboles qui vont devoir partir « dré dans l’pentu »
Comme d’hab’, mes 2 frères de course Benoît et Eric sont là pour faire le hamster, et comme d’habitude ils sont à la bourre, ont oublié leurs épingles, leurs papiers, etc… Même si on fait la course en solo et que je ne suis pas complètement dépendant d’eux, ce sont mes potes alors pas question de ne pas commencer sans eux !

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Les 3 potes (photo: Olivier)

Néanmoins, on arrive à l’heure sur la ligne de départ (surtout que ce dernier a été différé à cause ou grâce aux retardataires!). On attend le coup de pistolet, entre les Crewstach avec leurs déguisements de Superman, masques d’Arthur, parpaings, têtes de cerfs et autres objets improbables. Yohann Métay est aussi à côté, dommage de ne pas pouvoir assister à ses impros entre chaque tour…

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Y’a de drôles de bêtes dans De Lange (source: Le Progrès)

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C’est l’UBStar (source: Le Progrès)

Pan c’est parti ! Pas trop vite quand même, surtout à froid dans une pente à 20%… Je marche comme l’an dernier, pas besoin de se mettre immédiatement en apnée… Surtout que les sensations ne sont pas au top dans ces premiers hectomètres. Pas de relance, pas de jus… Bon,je m’y attendais un peu. Par contre, l’hypoglycémie avant d’attaquer la premiere montée des escaliers de De Lange, je m’y attendais un peu moins!! Dopé par l’ambiance, Eric part à fond, comme d’habitude. Benoît le suit et part aussi trop vite, comme d’habitude. Moi qui demeure un diésel, je déteste ça mais à chaque fois je m’accroche à leurs baskets en attendant des kms meilleurs, généralement entre le 10ème et le 20ème (je suis un gros diésel!). Mais aujourd’hui, je les laisse partir vu mon état. De toute façon, comme d’habitude ils vont exploser et comme d’habitude je finirai par les maraver 😛  Enfin, si je vais au bout car dans ces 2 premiers tours, j’avoue que l’envie de m’arrêter est bien pressante pour aller vaquer à mes tâches d’organisateur. Oui mais voilà, si le seul coureur du LUR tape un score de 2 tours, comment dire… je pense que les golibets qui découleront de cette magnifique performance me suivront jusqu’à ma dernière cotisation…:-) Alors je continue sur mon rythme pépère, en attendant des tours meilleurs. Et puis en plus cette course est vraiment géniale: le panorama est magnifique, l’organisation au top et l’ambiance de folie. Tout au long de la boucle il y a des potes… Je pense aussi à Michel Sorine, et je me dis que j’ai le privilège d’être là…

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Pas la grande pêche dans les premières montées (source: Le Progrès)

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Mais on prend quand même un énorme plaisir sur cette course! (photo: Olivier)

Je passe donc les tours en prenant garde à bien m’alimenter et boire à chaque ravito (qui revient bien souvent, c’est l’avantage de ce format). Je termine la première heure nettement mieux. L’appétit venant en mangeant, je commence à avoir dans la tête d’aller chercher mes 2 coquins de compères qui ont pris la poudre d’escampette. Ça sera mon objectif pour cette première moitié de course. Les tours passent et au bout de presque 2 heures je vois dans De Lange le dos du beau tee-shirt de finisher de la SaintéLyon d’Eric. Il était temps:-) Pas l’air très frais mon pote ! Je reste un peu avec lui, le temps de lui demander où est le second. Il me répond pas très loin, sûrement 200-300m. Ah, ah, je vais pouvoir m’amuser un peu !! J’accèlère le tempo dans la montée suivante et dans le parc des hauteurs. En arrivant sur le haut de l’esplanade je le vois qui plonge dans la piste ! C’est bon ça ! Je prends le temps de m’arrêter au ravito pour ne pas risquer une nouvelle fringale lors de la séquence de maravage qui s’annonce. C’est alors que le speaker à la bonne idée de venir m’interviewer…. Et il en a des questions… Bref, c’est avec un handicap non prévu que je repars à la chasse au benoît. Pour le coup j’allume plus que de raison dans la descente et je bombe dans la montée! Je me le fais après la tour métallique, je décide d’être sans pitié. En le dépassant je lui fredonne un classique « t’es parti trop viteeee ». Je l’entends grommeler quelque chose qui aurait un rapport avec un voyage chez les Hellènes… A l’entrée de l’esplanade je tombe sur nos femmes et les gosses. Ouf, l’honneur est sauf, j’aurai viré en tête au bon moment 8) On fait donc tous une pause au ravito car on est quasiment à la mi-course. Eric nous rejoint aussi, la fine équipe est recomposée ! Les gosses veulent faire un tour avec nous. On partage un (long) bon moment avec nos gones ! Quand on repasse l’arche d’arrivée, re-interview de la part de mon nouvel ami le speaker, cette fois-ci avec mon grand garçon. Le temps pour ce dernier de me mettre un vent mémorable 😳 A la question « c’est quand même un champion ton papa ? » Réponse pleine de bon sens et de vérité:  » Euh non c’est pas un champion, il a jamais gagné de course ! » 😛 Je t’aime mon fils !  🙄
Moins marrant, ce tour à allure réduite m’a fait me refroidir et comme mon maillot est trempé, avec le vent j’ai froid. Je décide donc de mettre mes affaires de nuit plus tôt que prévu. Problème il fait encore très doux et dans la montée suivante de De Lange, à l’abris du vent je crève de chaud. Ça, plus la fatigue, plus le train-train de la 4ème heure, font que la lassitude arrive. Alors je m’efforce de penser uniquement à mon objectif de 20 tours… Je navigue plus ou moins avec Benoît et Eric, au gré des arrêts plus ou moins longs aux stands et les épisodes de discut’ au fil de mes rencontres. La nuit est tombée et les paysages sont magnifiques. Lyon, les Monts d’Or, la montée De Lange avec les lumignons… je ne m’en lasse pas. Cette course est unique… Le compte des 20 tours se rapproche doucement mais sûrement. La dernière heure s’approche aussi et même si ma progression reste plus que poussive, je passe de bons moments à discuter avec d’autres coureurs, connus ou inconnus. J’ai eu le plaisir de papoter avec Yohann Métay avant qu’il arrête à cause de son dos, je plaisante avec PE Léonard en bouclant ce 20ème tour. Lui aussi est bien cramé mais il s’accroche !
Il reste une vingtaine de minutes avant la cloche, j’entame un tour supplémentaire. Je tombe sur Gilou en bas de la piste! On papote le temps de voir un avion de St-Tropez nous enrhumer:-) Et comme il reste 6 minutes lorsqu’on est de retour sur la ligne, on décide de s’en faire un dernier pour la route ! Comme Gilles est quelqu’un que j’apprécie énormément, je ne vois pas le tour passer:-) Je finis donc avec un score de 22 tours, comme l’an dernier. Par contre contrairement à l’an passé, je suis très entamé. Bien plus que pour la 180 par exemple…

Mes compères du LUR ont pitié de moi et m’exemptent de rangement d’après-course. J’ai un peu honte mais je suis tellement crevé que je ne me fais pas prier pour rentrer… Au grand bonheur d’Eric qui n’a pas à rentrer en courant jusque dans son 8ème arrondissement…
Le lendemain j’aurai un grand plaisir à retrouver les potes du LUR pour finir le boulot et remettre l’endroit en état.
Et pour la prochaine édition, je ne serai que d’un côté, celui de l’organisation. Trop dur de faire les 2… Et autant juste faire une chose bien que deux moyennement !
De toute façon, l’essentiel est ailleurs, qu’on la fasse en tant que coureur, ou bénévole cette course est le symbole d’une certaine idée de la course à pied. Celle que j’aime.

Nicolo Premolo 🙂

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Photo: Polo

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