Bleu, blanc, jaune ont illuminé le trail de Verbier…
Comment me suis-je retrouvé à faire un trail de 110km et 7000m D+ en guise de prépa d’une « célèbre » course qui aura lieu fin Août du côté de Chamonix ? Il y a encore 1 an, ç’aurait été un objectif majeur… Oui mais la LyonSaintéLyon (enfin, la 180 !) est passée par là, et grâce à nos « sponsors », je fais partie des quelques heureux invités à ce RDV dans le Valais Suisse. Alors quoi de mieux pour préparer l’UTMB ? J’espère aussi m’appuyer sur l’expérience acquise lors de la Montagn’hard l’an dernier…

Nous sommes ainsi un joli petit groupe à se retrouver à Verbier le temps d’un WE. Pour certains, ce sont des retrouvailles 3 semaines après le trail du Mont d’Or : Gilles, Eric, Céline, Damien qui sera là en supporter. Et la « toujours présente » team du Lyon Ultra Run représentée ici par Arthurbaldur, Anthony, et moi-même. Découverte de cette jolie station de sports d’hiver…

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Retrait du dossard le vendredi soir, puis direction un resto de pates et pizza.

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Le logement est très spartiate puisque nous logeons dans un ancien bunker, (un peu, mais vraiment un peu !) réaménagé… Je sens que le sommeil va être très réparateur…

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Lever 3h pour un départ à 5h.
Le sommeil aura été très light (30 minutes de vrai sommeil à tout cassé). Avec la nuit blanche qui m’attend, çà fait un bon test pour les 2 nuits à passer dehors lors de l’UTMB ?? Nous avons droit au briefing de l’organisateur… qui nous annonce une météo sans orage. Du grand bleu nous attend, et même du grand blanc, mais çà nous ne le savons pas encore… Pour ma part, je n’ai pas réellement d’objectif de temps. Alors à la louche, je me fixe une fourchette 24h-26h sur la base de l’expérience de certains de mes camarades (!) On verra bien…

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Le départ (1490m)
Et c’est parti pour cette boucle de 110km. Anthony et Céline devant, Eric et Gilles derrière, je pars avec ArthurBaldur sur le premier km plat dans Verbier. Autour de nous, je trouve que c’est parti un peu vite : c’est un maratrail ou quoi ??

Verbier – Croix de Cœur (2192m)
La pente s’élève dès le 2° km, en direction de Pierre-Avoi. La frontale n’a pas été nécessaire car les premières lueurs de l’aube pointent déjà. Nous nous élevons progressivement au dessus de Verbier, encore endormi…

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L’altitude augmente… 1700m, 1800m, 2000m, 2200m, 2400m. Et avec elle, un petit mal de tête et de ventre s’installe (je me sais sensible sur ce point là)… La rapide montée lors juste après le départ du TGV 2011 (la course, pas le train !) m’avait bien contrarié. J’espère qu’il ne va pas en être de même… Petit à petit, et sous un soleil maintenant bien levé, nous atteignons Pierre Avoi à 2400m. La tête a tenu. S’amorce alors la descente vers le ravito de Croix de Cœur.

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Je m’arrête prendre des photos, et hop au moins une trentaine de bipèdes déchainés passent à toute vitesse. Et le tourisme alors 😉 J’atteins enfin le ravito. Arthurbaldur puis Gilles arrivent derrière.

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Temps de course : 1h50. Place : 192

Croix de Cœur – Le Levron (1410m)

Le temps d’une petite discute, et nous repartons tous les 3. Après quelques centaines de mètres, je laisse Gilles et Arthur pour m’échapper progressivement dans la descente. Après avoir dépassé 2 concurrents, puis 2 autres, je me retrouve seul un moment. Dans une descente plus technique, 3 concurrents reviennent sur moi puis me dépassent. Je me retrouve ensuite en balcon au dessus de la Vallée du Rhône par un long sentier.

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Puis quelques descentes m’amènent tranquillement au tranquille village de Levron, où est installé le petit ravito. Très intimiste, on dirait presque un ravito sauvage… Quelques villageois sont là, venus se renseigner sur l’état de forme de ces forçats des montagnes suisses. Petit moment de discute bien sympa…

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Je ne traîne pas trop quand même : coca+orange…

Temps de course : 3h20. Place : 198

Le Levron – Sembrancher (721m)
… et je poursuis ma descente… vers le prochain arrêt le plus bas du parcours. Cette partie est TRES roulante, et il commence à faire chaud. Originalité : nous devons traverser une voie ferrée… sans se faire renverser (en même temps, il ne doit pas passer bcp de trains…). Pour le reste, rien de transcendant. C’est une voie de liaison entre 2 vallées. Je reviens plus loin à la hauteur d’Anthony que je laisse un peu après pour rester dans mon allure. Il est 9 heures quand j’arrive au ravito de Sembrancher.

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Je recharge ma poche à eau. J’attends un moment Anthony, mais ne le voyant pas, je repars. J’apprendrai à l’arrivée qu’il est en fait passé devant moi au ravito, sans s’arrêter.

Temps de course : 4h05. Place : 190

Sembrancher – Champex (1428m)

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Le départ de Sembrancher se fait par une jolie petite côte, nous emmenant à La Garde. Après des kilomètres de « quasi-plat », je refais chauffer les cuissots en prévisions des prochains cols qui m’attendent. Beaucoup de parties planes nous emmènent à Champex, sur lesquelles je me force à courir, malgré quelques faux-plats montants. Nous cheminons en petit groupe. La beauté des paysages de la vallée nous fait relativiser la chaleur qui commence à s’installer. L’arrivée sur Champex se mérite : un joli raidillon dont on pense voir le bout nous fait perler quelques gouttes de sueur. Enfin, l’hôtel « Belvédère » puis la petite redescente sur la place qui accueille aussi le ravito de l’UTMB et CCC. Ca me rappelle justement cette CCC il y a 2 ans.

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Sauf que là, le ravito est – nettement – plus petit et plus convivial.

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Une rapide recharge de la poche (avec de l’eau un peu trop fraîche, pour ne pas dire froide), et c’est reparti !

Temps de course : 5h43. Place : 188

Champex – La Fouly (1601m)
J’entends dire que la Fouly est à 15 kilomètres. Bigre ! Je ne pensais pas qu’il y avait autant de kilomètres. Cette partie est maintenant commune (mais dans l’autres sens) avec le parcours de l’UTMB, CCC. Je me remémore alors quelques souvenirs datant d’il y a 2 ans :
– Et cette montée parsemée de sculptures en bois…
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-Et cette coulée de pierre abritant un ruisseau qui doit être impressionnant quand l’eau est déchainée…
-Et ces magnifiques chalets…
-Et ces magnifiques cascades…
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Mais sous un soleil qui tape fort maintenant !
Les quelques fontaines sur le parcours permettent de faire refroidir la tête, un peu moins les jambes…
A nouveau beaucoup de parties planes où certains marchent. Pour ma part, je me force de nouveau à courir : footing léger d’échauffement pour les gros morceaux qui nous attendent. Puis la dernière montée que je reconnais en arrivant à la Fouly, là où avec l’ami Ponpon, nous avions sollicité les infirmières (en polaire verte !) pour un mal de tête. Et le ravito (enfin) où là je vais me poser un peu plus longtemps. Recharge de la poche à eau, alimentation, nettoyage des gravillons que je me trimbale dans une chaussure depuis Champex. Le sérieux va commencer maintenant (peut-être aussi une autre course…), avec tout d’abord la montée du col de Fenêtre. Tiens, Céline arrive ! Elle me suivait pas très loin derrière. Je pensais qu’elle était devant, ne l’ayant pas dépassée depuis le départ. Elle repartira un peu avant moi.

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Temps de course : 8h43. Place : 147

La Fouly – Col de Fenêtre (2689m)
Je laisse à présent la Fouly derrière moi…
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… en empruntant un chemin forestier qui nous emmène d’abord « tranquillement » à la Peule. Je n’oublie pas de profiter du paysage …
Au loin :
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Ou plus près de moi
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Le chemin forestier laisse maintenant la place à un sentier, sur lequel je chemine avec un concurrent. Sur le bas côté, près d’une fontaine, nous passons à côté d’un coureur la tête entre les mains. Nous lui demandons si çà va : il ne peut plus rien avaler. Et compte s’arrêter là. En fait un bénévole n’est pas loin, il attend pour redescendre. Dans ma tête, du coup çà rumine. Mon mal de bide latent ayant repris depuis quelques minutes, j’ai du mal à ne pas penser que cette montée risque d’être difficile… Chaque pas devient pesant, une fois de plus je sais que l’altitude ne m’est pas favorable… Et çà dépasse régulièrement. A un bon rythme pour certains, contrastant avec ma difficile progression. Quelques italiens, des suisses. C’est sûr, ils ont plus l’habitude que le gars de la ville que je suis 😉 En mode gestion lente, j’arrive alors vers les premiers névés. Et là, la magie opère !

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Le cadre est grandiose !!! J’en oublie mes problèmes altimétro-digestif (!) pour avancer plus sereinement dans cette neige.

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Après avoir traversé les lacs de Fenêtre, l’ascension continue vers le col du même nom. Un peu plus loin, des randonneurs finissent leur pause pour remonter vers le haut du col, au moment où j’arrive. Nous échangeons quelques mots, ils sont partis du haut, ils me traitent gentiment de malade, je leur réponds que çà vaut le coup de jouer les malades quand on voit ce cadre magnifique… Ils ne peuvent qu’approuver…

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J’arrive alors enfin au col de Fenêtre et me fais bipper. Je suis à plus de 2600m. Nous passons du côté italien, avant de retrouver plus tard la Suisse en passant au col du Grand St Bernard. C’est ici que se joue une partie ludique….

Temps de course : 11h55. Place : 174

Col de Fenêtre – Gd Saint Bernard (2495m)
En effet, pour effectuer la descente dans cette neige qui nous suit depuis 2200m environ, 3 options s’offre à nous :

  • s’aider d’une une corde
  • descendre sur les fesses dans les quelques traces laissées par les précédents passages
  • se débrouiller comme on peut si l’on ne prend pas l’une des 2 options ci-dessus…

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N’étant, à ce moment là, pas suffisamment intrépide, j’essaie de mixer l’option 1 et 3. Ce n’est pas évident et je me fais dépasser par ceux qui ont pris l’option 2… Les chaussures trempées (mais superbement bien nettoyées), les mains refroidies (mais vite rechauffées à la température ambiante), j’atteins péniblement le creux de la combe, avant le sentier (romain ?) qui permet de remonter vers le col du Grand Saint Bernard.

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Dernier petit coup de cul avant le ravito qui va faire du bien (j’en ai oublié mes maux de ventre).

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C’est ici que je découvre la « Rivella » en discutant avec une bénévole : une boisson au lactosérum un poil trop sucré (attention à la sensation de soif après) mais çà passe bien. Cà fera partie du menu des prochains arrêts gastronomiques… Après un changement de chaussettes, je ne m’attarde pas. Surtout qu’il y a à côté une terrasse où se trouvent quelques touristes attablés avec une bonne boisson houblonnée. Allez, ce sera pour demain çà !

Temps de course : 12h49. Place : 183

Gd Saint Bernard – Bourg Saint Pierre (1623m)
C’est reparti par un sentier qui grimpe rapidement vers le point culminant du parcours.

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Un brin technique, il oblige à être vigilant sur le balisage. Arrivé en haut, c’est une vue à 360° qui se découvre à mes yeux. Là, un sympathique bénévole immortalise l’instant au col des Chevaux (2720m).

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Pas de contrôle du temps de passage, juste un avertissement pour la descente qui suit avec la traversée de quelques névés : « sur les premiers, faites bien attention. Le dernier sera ensuite plus amusant (!) »

Amusant oui, mais je ne pensais pas à ce point… En effet, en haut de celui-ci, une coulée de neige de plusieurs centaines de mètres se dévoile à mes yeux. La pente étant forte, une corde est là pour nous aider, mais ne va pas jusqu’en bas !!!!!

Les concurrents devant moi se risquent avec la corde pendant qu’un autre descend sur les fesses, à nouveau dans une piste de luge ou plutôt bobsleigh ici.Hésitant tout à l’heure au col de Fenêtre, je ne me vois pas utiliser la corde sur 400m ici. Ni une ni deux, je me positionne sur au milieu du névé et me lance sur l’une des pistes creusées par les autres concurrents.

Et çà fiiiiiiiiiiiiiile viiiiiiiiiiiite. C’est très grisant….

A emprunter plusieurs pistes successives, me voilà en bas, bien trempé. Après encore une alternance de passages neigeux et caillouteux, je rejoins une terre moins ludique mais peut-être aussi moins « hostile » en atteignant le pré. Je découvre ainsi tout ce que j’ai dévalé…

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2 bénévoles sont plus loin, pour un contrôle cette fois (à défaut d’en avoir eu un au col des Chevaux). Derrière eux, un torrent de bonne facture… qu’il va falloir passer sans gué… Après la partie ludique dans la neige, c’est le 2° effet « kiss cool » (sic). Et c’est avec de l’eau (très fraiche !) jusqu’aux chevilles que je franchis ce torrent, en direction de Bourg Saint Pierre.

Après de multiples affluents à traverser, j’atteins à présent un barrage mais Bourg Saint Pierre n’est pas encore à vue.

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Cette partie est très roulante, mais aussi très très longue. Et je me force à nouveau à courir, me faisant revenir sur quelques concurrents. C’est en haut d’une petite côte que le village se dévoile enfin. Après l’avoir traversé, j’atteins la « base de vie » où je vais pouvoir me poser un peu plus longuement… Pour les 24h de course, c’est râpé. A moi de gérer au mieux la nuit qui m’attend afin de tenir un timing correct. Pour les 26h, je me dis que c’est encore jouable.

Plat chaud (quelques pâtes font du bien et puis j’ai la prochaine montée pour les digérer…), récupération du sac coureur avec du change, je passe alors en mode nuit…

Temps de course : 16h10. Place : 169

Bourg Saint Pierre – Cabane de Mille (2477m)
Après un peu plus de 30 minutes d’arrêt, je repars avec le crépuscule qui tombe sur la vallée. Le moral est plutôt bon. 800m de D+ sont au programme avant l’arrivée au col. Mais… le parcours est parsemé de descentes, de traversées de torrents où les gués sont très limites (mais pourquoi ai-je changé de chaussettes juste avant ?).

Quand on croit que le sommet est là, au loin, une fois sur place il faut remettre çà… Et quand je monte de 200m, et je redescends de 100…

Au loin depuis la tombée de la nuit, un groupe de frontales que je n’arrive pas à rejoindre (en même celles qui sont loin derrière moi l’ont pas l’air de revenir sur moi non plus !). Je suis longtemps seul sur cette partie… Avec parfois un doute sur le balisage. Je rejoins 2 danois. Ne parlant pas le danois, ni eux le français (!), je ne leur lancerai qu’un « courage » qu’ils ont eu l’air de comprendre… Après un peu plus de 3h de progression, me voilà au ravito du col de Mille. Nous ne sommes pas très nombreux. Il est 1h du matin.

En bas, une vue magnifique sur Verbier : les rues éclairées se découpent dans le noir. C’est sublime et en même temps çà fait un peu futuriste ! A jouer le touriste, j’aurais bien immortalisé l’instant mais bon.

Ici le ravito est très peu fourni ! Pas grand-chose à manger alors que j’aurai bien pris du solide. Tant pis, je me rattrape sur la Rivella, coupée avec de l’eau. 2 concurrents, assis à côté, essayent de comparer cette course à l’UTMB (j’écoute d’une oreille distraite car ces 4 lettres me disent quelque chose). Visiblement, ils ne s’attendaient pas à ce que se soit si cassant par ici… Ben tiens !

Temps de course : 20h01. Place : 152

Cabane de Mille – Lourtier (1067m)
Un merci aux bénévoles présents et je repars tranquillement… peut-être un trop tranquillement d’ailleurs car au bout de 100m, je me rends compte avoir laissé mes bâtons… Je savais bien que çà m’arriverait un jour… J’ai de la chance : ç’aurait pu être en bas de la prochaine descente… Ce moment de faible lucidité passé, j’entame l’avant dernière descente, avec toujours la vue sur Verbier illuminé. J’estime encore tenir dans les 26 heures, alors ne perdons pas de temps. Je pense pouvoir me rattraper dans la descente. Mais ce n’est pas si simple avec ces sentiers parfois techniques, pierreux, et où par moments la pente est plus forte… J’ai repris quelques concurrents et me retrouve à nouveau seul.

En bas, l’éclairage public de quelques villages. J’essaie de voir celui qui correspond à notre prochain arrêt, c’est à dire Lourtier. Verbier n’est plus visible. Et pour cause, la ville s’est cachée derrière le mur que je vais devoir franchir en face de moi. Je distingue d’ailleurs les quelques frontales de ceux qui entament cette jolie montée. Pensez-donc : 1200m de D+ sur 5km. Avec 100km dans les pattes… On y pense forcément dès le départ… Que dis-je ? Même bien avant… Pour l’instant, je reste concentré sur cette descente qui est parfois bien raide et fait mal aux quadris. L’arrivée sur Lourtier est plus classique : un sentier forestier qui permet de courir. La forme est encore là et je vais en avoir besoin pour la grimpette. Le ravito se trouve à l’entrée du village, animé par 3 bénévoles bien sympas. Sur un écran géant, le classement de la course : Antoine Guillon a remporté la boucle en 14h45 !… et çà pendant que je courais vers Bourg Saint Pierre… Chapeau !

Allez hop ! Un petit coup de « Rivella », un peu de bouillon. Je préfère reposer les jambes avant le dernier gros morceau. En combien de temps vais-je faire cette ascension ? 3h ?
L’arrivée en 26h me semble maintenant bien comprise… Je sors de la fourchette estimée au départ.

Temps de course : 22h43. Place : 145

Lourtier – La Chaux (2193m)
Un salut aux souriants bénévoles et je relance la machine. Après 200m de plat, je tourne à gauche et suis très vite dans l’ambiance. Devant, un petit groupe de 6/7 coureurs. Je recolle. A plusieurs, je me dis que ce sera mieux. J’affiche sur ma montre l’altitude, çà aidera à me situer dans la progression. Juste avant le sentier qui devient mono-trace, je me porte devant 2 concurrents, visiblement moins rapides. Nous montons à 3 puis à 2. La pente s’élève fortement avec de jolis lacets. Cela permet d’avoir un rythme qui pour l’instant me plait bien… Et surtout, là, on ne fait que monter, donc les 1200m de D+, çà devrait être en un seul morceau… Mon compagnon me propose de passer devant. (Peut-être trop) Humblement, je décline, ne pensant pas aller plus vite que lui. Plus loin, je propose cependant de prendre le relais. Mais une fois devant, mon compagnon ralentit et s’arrête. Voulant bien l’attendre, il me dit de partir. Je ne le reverrai plus. Visiblement, son rythme n’est plus le mien… Un coup d’œil sur la montre : 600m avalés en 1h. Ouaouh ! Ben voilà, on va dire que je connais maintenant ma vitesse ascensionnelle… Avec 100 bornes dans les pattes…
Et à nouveau des calculs : 26h ? Trop juste ? De peu alors ? Je ne sais pas… Curieux de se battre contre un chrono sur ce trail de prépa… Alors que j’ai 100 bornes dans les pattes. Ca veut dire que le moral est bon (il faudra la même chose à l’UTMB, dac ?)

Le jour s’est levé maintenant, je peux laisser la frontale. Plus haut, je passe 2 concurrents arrêtés et reste à distance de 2 autres qui cheminent bien. Le chemin tortueux laisse la place à un raidard « dré dans le pentu ». A ma montre, il reste en théorie 50m pour atteindre l’altitude de La Chaux. Ma vitesse n’a pas bougé. Je devrais donc attendre La Chaux dans quelques minutes ?

Oui mais… le chemin est à présent en balcon. Et pas de ravito visible.

Aïe ! Cà n‘arrange pas les affaires du chrono çà. Et dire que j’avais plutôt bien négocié cette montée. Tiens, c’est quoi là-haut ? Une grosse bâtisse, mais qui parait bien plus haut que les 1200m annoncés. Longtemps je ne croirais pas à une halte ici, et pourtant… Ce sera bien la fin de cette portion. Un salut aux bénévoles un peu frigorifiés. Tout comme moi d’ailleurs : allez un petit bouillon fera l’affaire…

Mais avant, une photo du soleil qui commence à inonder les cimes. Magnifique !

Sauf que… le smartphone ne s’est pas bien remis des dernières glissades de la veille. Dommage pour l’immortalisation… car c’est vraiment la bonne heure pour arriver là (dommage pour les premiers, dommage aussi pour les suivants 😉 ).

Temps de course : 25h24. Place : 138

La Chaux – Verbier (1490m)
Côté chrono, terminé les 26h, il y a plus qu’à profiter de la dernière descente, sans se blesser. Pour le côté finisher, c’est dans la poche. En moins de 27h par contre ! Avec 800m de D-… Je remets l’altimètre pour suivre le passage de 2200m à 1400m. La descente n’est pas immédiate. Je longe en corniche un ruisseau pendant 1km, avant la bascule pour faire le plein des derniers D-. Allez, on envoie sur la fin : je reprends les 2 concurrents qui étaient passés après moi, mais sans s’arrêter au ravito de la Chaux. Puis ceux que j’avais en ligne de mire dans la dernière montée. Enfin, 1 concurrent assis au milieu du chemin, occupé avec ses chaussures.

Je ne suis pas le seul à avoir des fourmis dans les pattes. Un concurrent pressé d’en finir aussi me dépasse au milieu de la descente. Je le suis à distance, mais il va trop vite. Et avec les quelques racines piégeuses, je ne tente pas le diable. A 1700m, une dernière remontée me fait douter sur les 27h à atteindre. J’étais pourtant bien parti. Est-ce encore une petite blague comme lors de la montée vers la cabane de Mille ? A 1800m, on redescend cette fois-ci définitivement. Il n’y a plus qu’à gérer, ce sera bon en moins de 27h. En bas, Verbier se dévoile.

Un passage sous la télécabine et arrive alors le bitume. Peu de monde, il n’est pas encore 8h. Quelques passants me félicitent au passage : merci !
Je savoure les derniers hectomètres dans Verbier à peine réveillé (tiens, je ne l’ai pas dit çà déjà la veille ? Non, c’était « encore endormi »)…
J’arrive sous l’arche d’arrivée, acclamé par les 3 bénévoles de permanence du matin… Très (trop) intimiste. C’est bien la première fois où je vois aussi peu de monde sur une aire d’arrivée. L’accueil est cependant très chaleureux…
En cadeau finisher, un magnifique tee-shirt manche longue « chauffant » : cool ! On le mettra plus tard alors, ce n’est pas trop la saison…

Temps de course : 26h44. Place : 137

Dommage pour les 26h mais je reste très satisfait de la gestion de course : pas de bobos, pas explosé, aucune ampoule (un peu comme à l’arrivée de la Montagn’Hard l’an dernier). Je n’oublie pas que c’est un trail de prépa…
Ces magnifiques conditions météo m’ont permis de garder un état d’esprit que j’aimerais bien retrouver pour l’UTMB (parce qu’il fera beau là bas aussi, hein ?)

Je retrouve plus loin Céline qui aura malheureusement abandonné sur blessure à Bourg Saint Pierre, Anthony qui aura bien tourné avec un temps de 25h, et Eric arrêté à La Fouly. Un peu plus tard, arriveront Gilles et Arthurbaldur, qui auront fait cause commune. Nous finirons ce sympathique WE ensoleillé autour de quelques mousses suisses bien méritées…

En guise de bilan, je note :
– Une difficulté à progresser dès que je dépasse 2200m (léger maux de ventre ou maux de tête)
– Le plus difficile : la montée vers le col de Fenêtre. Heureusement que ces beaux paysages blancs m’ont fait tenir
– La surprise : la montée vers La Chaux très bien négociée. Ce fameux mur de 1200m de D+ sur 5km, à passer quand les jambes ont déjà 100km. Bien en rythme, elle ne m’a finalement pas fait mal celle-ci.

Et que dire de ces paysages magnifiques sous le soleil ! Un vrai régal !
Le bleu, le blanc, le jaune ont été les couleurs gagnantes d’une météo au top. Sans oublier une organisation et des bénévoles tout simplement géniaux… Une très belle épreuve.
« Verbier, y a pas à dire, il faut y venir… »

Allez, en route vers l’UTMB dans quelques semaines !

En chiffres
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110 kilomètres. 7000m D+
311 partants, 186 arrivants (40% d’abandon)
Finisher en 26h44′. 137°.
5 cols culminants respectivement à 2400m, 2698m, 2720m, 2480m, 2200m

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