A Venise, j’ai bien pris l’Ô…

Venise est une ville d’eau. Et j’ai bien eu l’occasion de le vérifier…

Son marathon fait partie des 4 jours de ballade, prévus à deux dans la cité vénitienne.

Le parcours est plutôt roulant et part à environ 25km de la ville, l’originalité est avec une arrivée intégrant le passage de 14 ponts comme celui-ci :
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Roulant ? J’en décide donc d’en faire un objectif de temps, à savoir faire mieux qu’à Genève avec 3h22.

Je pars donc sur un plan 3h15, objectif que j’ai raté il y a 2 ans à Lyon. La préparation se veut donc plus sérieuse avec 3 ou 4 sorties par semaine. Le semi de Lyon, placé 3 semaines avant, permettra ainsi de valider l’allure spécifique et la forme actuelle, sans bobo particulier.

La météo annoncée quelques jours avant ne s’annonce pas radieuse. Il est même écrit sur l’un des sites « fortes chutes de neige » !! Ben voyons… L’automne arrive vraiment…

Mais je pense être prêt physiquement et mentalement. Si la météo pouvait être de la partie…

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Arrivés le samedi matin par le train de nuit (mais surement pas le train du sommeil 😕 ), nous découvrons ce que les vénitiens appellent « l’aqua alta » : la marée haute inonde certaines rues d’habitude praticables.
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table ou bottes ?

Et ce détail a de l’importance, car l’appartement que nous avons loué se trouve dans une rue concernée par ce phénomène. C’est ainsi que le dimanche matin, j’ai failli ne pas prendre le départ du marathon !!!

Il était prévu qu’à l’heure où je quitte le logement, la rue ne serait pas encore recouverte. Mais voilà, il y a beaucoup de vent, ce qui accentue et anticipe la montée des eaux. Lorsque j’entends la sirène d’alerte (je n’ai entendu sonner qu’une seule fois le tocsin), je ne suis pas encore prêt, et l’eau envahit déjà la rue ! Mais aussi l’entrée de l’appart.

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l’eau recouvre la 1° marche de l’escalier !

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la même rue le lendemain, l’eau monte doucement

Gros coup de stress 😛 : j’enlève mes chaussures, mets en vrac toutes mes affaires dans le sac, enfile 2 petits sacs plastiques sur les pieds et sort en urgence de l’appart pour me retrouver dans une autre rue épargnée… Ouf ! J’ai eu chaud !

Après un trajet en vaporetto, puis en bus, me voilà à Stra, sur le lieu du départ. Je croise XBo, dont je fais connaissance, et finit de me préparer… dans un vent froid. Après tergiversation, pour la tenue, ce sera 3 couches dont la veste déperlante que je préfère garder au cas où (bien la 1° fois que je fais un marathon autant habillé). Le ciel est menaçant, quelques gouttes de pluie donnent le ton d’un marathon qui sera humide et venté. Hum, pour la perf, j’y crois un peu moins. Surtout que l’on va se taper le vent de face sur les ¾ du parcours.

Après un bref échauffement

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nous voilà dans le sas : le vent ne faiblit pas et la pluie s’intensifie. Allez, faut y aller là !!

Tout est OK pour moi. Cependant, une petite contrariété, le cardio ne fonctionne pas (soit la pile qui fait défaut ou alors il n’a pas supporté le voyage). Tant pis, on fera aux « sensations ».

Et c’est parti !

Comme lors du dernier semi, je vais courir accompagné de mon part’ner virtuel, histoire de vérifier la cadence. Vitesse prévue : 13,2 km/h.

Mais voilà, aimant courir en musique, j’ai déjà un souci de baladeur. Le temps de régler tout çà, enlever/remettre les moufles, … et voilà qu’il me met déjà 60m dans la vue !

Aucun problème, je vais me contenter de le suivre à distance. Ce que je vais faire sur les 10 premiers kilomètres. L’allure est donc bonne…

Nous prenons la route que nous avons emprunté en bus 1 ou 2 heures avant. Elle longe la Brenta, au bord de laquelle se trouvent de jolies maisons. Sous le soleil, ce serait quand même mieux pour les yeux…

Le public est chaleureux et chaque village traversé voit son flot de spectateurs qui encouragent, parfois même quelques groupes de musiciens. Sympa çà !

La pluie a redoublé et le vent reste bien de face, ce qui risque d’accentuer la fatigue. Je me mets dans ma bulle…

100m devant, le ballon – blanc – des 3h20, que j’ai repéré depuis le départ. Un bon lièvre, mais que je suis sensé dépasser à un moment donné. Je trouve d’ailleurs qu’il va vite, est-ce sa tactique, qui permettra ensuite de gérer le passage des 14 ponts à la fin, quand les jambes seront plus raides ? ❓ .

Les 1° ravitos sont uniquement en eau, et il faut gérer la bousculade. Personne ne perd de temps visiblement, ben moi non plus alors…

Un truc que j’apprécie, pour éviter le gaspillage, les coureurs, en majorité italiens bien sûr, partagent leur bouteille prise sur la table plutôt que de la jeter au ¾ pleine comme on le voit trop souvent. Bon, après, il ne faut pas partager les microbes qui vont avec si tout le monde boit dedans…

Mon partenaire virtuel est à 50m devant, je me rapproche tranquillement du ballon des 3h20 que je rejoins au 10° km, passé en 46 minutes. Tout roule !

La pluie, à un moment arrêtée, s’est remise à tomber, je remets ma 3° couche déperlante, on fera avec. Nous sommes maintenant tout un bon groupe autour du ballon des 3h20, personne pour sortir de ce groupe. Le vent étant toujours aussi fort de face, ma tactique va être de rester dans ce groupe, on verra plus tard si je peux en sortir quand les conditions seront meilleures (il faut rester optimiste…).

Pendant ce temps, mon partenaire virtuel, lui, se fait la malle, 80m, 100m, 150m. Normal, il n’est pas sensé suivre ce ballon. Tant pis, je ne veux pas prendre le risque de me griller à lutter seul contre le vent (Lyon 2010, je me souviens…). Je suis toujours bien malgré les conditions, avec cependant une alerte au 18° km, où tout d’un coup, les jambes se sont faites lourdes.

Un peu avant le 20° km, les jambes fourmillant un peu, je me porte en tête du groupe, puis profite de la sortie de 2 coureurs pour me mettre dans leur « aspiration ». Ayé, je suis devant le ballon blanc : je ne dois pas le revoir !

Tu parles ! Au ravito 500m plus loin, il y a enfin de quoi manger. Je prends ainsi une orange et une banane… pendant que ce même ballon passe tout droit. Eh ! Oh ! Mince ! Il est à nouveau devant, et je ne veux pas le lâcher. Vite, vite, on repart. Tout est à refaire !

Passage du semi en 1h38, au niveau de la zone industrielle de Marghera. Ici c’est lugubre : pas de spectateur, la pluie qui redouble : bref, çà se corse…

Et ce n’est pas fini. Toujours accroché au groupe, nous traversons Mestre par de multiples rues. Je sens pour ma part que je dois lutter maintenant pour rester au contact du ballon…

Après le 25° km, je vois le ballon doucement s’éloigner, et des concurrents me doubler, sans que je puisse passer la vitesse supérieure.

Aie ! « Mon » marathon est en train de m’échapper… 😕

Décidement, Eole n’est pas mon ami…

Le passage dans le parc San Giuliano, au 30° km ressemble à un calvaire, j’ai l’impression de me trainer (ce qui au vu des résultats intermédiaires, n’est visiblement pas tout à fait vrai). Il n’empêche : le ballon des 3h20 est loin à présent.

Et je peste… P*****, ce n’est pas encore cette fois que je vais les faire ces 3h15 (ok, les conditions météo mais je peste quand même). Je ne sais plus quoi penser, il pleut et il me reste 10 bornes…

Ma montre s’est arrêtée. Bizarre, je la remets en route…

La pluie est maintenant plus forte lorsque nous arrivons au pont de la Liberté (4km de route qui relie Mestre à la cité lacustre). Nous sommes au 35° km. La traversée serait presque apocalyptique : vent fort de face, pluie cinglante quasi horizontale. Mais on fait comment pour tenir le rythme ??

Je regarde de temps en temps au loin Venise se rapprocher, mais pas assez vite à mon goût. Je fais du yoyo avec une féminine.

Arrivé dans Venise, je regarde ma montre, tiens arrêtée encore. Je la redémarre. Arrêtée à nouveau, et là définitivement…
Bigre ! Ma 305 vient de prendre l’eau, noyée !!!

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Recherche remplacant 🙁

La dernière info donnée aura été le passage du 38° km en un peu moins de 3h. Tant pis ! Il n’y a plus de question à se poser à présent : à fond jusqu’à la fin ! Tout faire pour que le ballon des 3h30 ne me double pas…

La rentrée dans Venise se fait par les quais au Sud. Nous sommes un peu protégés du vent. La marée descendante laisse encore les quais se recouvrir d’eau. Et j’entame maintenant la série de 14 ponts à « escalader » plus facilement grâce aux passerelles.

Ca donne un air de « Lyon Urban Trail » mélangé à du « marathon du Mont St Michel », manque plus que les palmes.

L’encouragement des spectateurs aide à se surpasser.

Un saut au dessus du Grand Canal sur la passerelle déployée pour l’occasion.
Il n’y aurait pas cette pluie, je prendrais le temps de regarder à gauche et à droite cette vue inédite sur Venise. Mais je dois plutôt tenir la casquette… Et protéger mes lunettes pas encore équipées d’essuie-glace.

Je regarde à quel niveau se trouve Annick qui doit m’attendre à l’arrivée. Ah, je l’aperçois en haut du dernier pont. Une petite tape et je file vers l’arrivée (si ! si ! cherchez bien au début de la séquence vidéo, même qu’elle file vite me rejoindre vers l’arrivée…)

Dernière ligne droite… je serre les dents….

Je regarde le chrono au dessus de l’arche : 3h28’35’’. Pour un temps puce de 3h27’26’’.

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Yes ! Le ballon des 3h30 ne m’aura pas eu (comme il y a 2 ans). Mais je reste évidemment très déçu sur le coup.

Je retrouve Annick derrière les barrières puis je pars vite me changer. Je commence à me refroidir.

Dommage pour le ravito du finish, il n’y pas même pas de chaud, à part un thé. Quelque chose de plus consistant m’aurait fait du bien.

Avec le recul, je relativise cette contre-perf.

Comme il y a 2 ans, j’ai donc craqué vers après le 25° km. Certes il y a eu ces conditions météo défavorables mais aurais-je mieux tenu par beau temps ? Je ne sais pas.

Je me sentais pourtant prêt, physiquement et mentalement. En tout cas bien mieux qu’il y a 2 ans. Cela n’aura pas suffit…

Le petit plus aura été d’avoir pu rester en dessous des 3h30. Ce qui en fait ma 2° meilleure performance sur 6 marathons.

Et puis, je me console en lisant ce qu’a dit le 2°, l’Ethiopien Titus Masai Kwemoi, qui affirme avoir raté son objectif de 10 minutes (presque comme moi Clin d’œil) à cause des intempéries. Mais il reviendra l’année prochaine.

Ben tiens ! Moi aussi mais sur un autre marathon… Pour aller chercher cet objectif…

En attendant, une rapide recup avant de changer de cerveau et de jambes. Un 3° aller-retour entre Lyon et Saint Etienne est au programme pour terminer l’année. Et il n’est pas prévu de se promener au retour…

Statistiques
PortionsMoyenne min/kmDeltamin/kmChrono
Dolo (5K)4,520:24:244,520:23:15
Mira (10K)4,440:22:584,350:46:13
Oriago (15K)4,440:23:394,431:09:52
Marghera (21,1K)4,440:28:564,441:38:47
Mestre (25K)4,440:18:304,441:57:17
Parco S.Giuliano (30K)4,450:24:284,532:21:46
Ponte Libertà (35K)4,490:26:105.142:47:56
Venezia (40K)4,550:27:445,323:15:40
Arrivo (42K)4,560:11:465,213:27:26

Le marathon passé… Place à un peu de tourisme, sous le soleil dès le lendemain 😕 !

Car Venise, ce n’est pas que de l’Ô…

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Pont du Rialto

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Vue du pont de l’Accademia

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Marché du Rialto

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La passerelle temporaire sur le Grand Canal, qu’ont empruntée les marathoniens

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Palais des Doges

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Quartier du Dorsoduro, où se trouve l’appart

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